Le racisme anti-asiatique "est vu comme moins grave parce qu’il est banalisé"

Suite à la publication sur les réseaux sociaux d’une comptine enseignée en école maternelle et jugée raciste, l’association des Jeunes Chinois de France s’est indignée. Elle a tenu à rappeler le racisme ordinaire dont sont victimes les Asiatiques.

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"Chang est assis. Il mange du riz. Ses yeux sont petits. Riquiquis." Ces paroles sont celles d’une comptine qui serait enseignée dans plusieurs classes maternelles en banlieue parisienne. Largement relayée sur les réseaux sociaux depuis sa publication le 26 décembre dernier, cette comptine été vivement critiquée car jugée raciste et réductrice. L’association SOS Racisme a rapidement dénoncé les paroles de la comptine. L’association des Jeunes Chinois de France a également fait part de son indignation et demande sa suppression. 

"Il y a beaucoup de clichés qui circulent sur les personnes asiatiques"

Au sein de l’association, le président Daniel Tran raconte que cette comptine les "a beaucoup marqués et interpellés parce que ça véhicule beaucoup de stéréotypes sur les Chinois." Cette comptine relance notamment le débat sur le racisme anti-asiatique en France : "Il y a beaucoup de clichés qui circulent sur les personnes asiatiques, des clichés propres aux hommes et propres aux femmes. La femme plutôt "gentille, docile", qui doit dire "oui" à tout. L’homme, aussi ce cliché de "gentil", mais aussi qui n’est pas viril, qui est informaticien, qui fait du kung-fu, qui fait des nems, alors que les nems ce n’est même pas chinois pour ceux qui ne le savent pas."

Daniel Tarn souhaite aussi souligner que, parfois, ces clichés ont des graves conséquences : "Il y a des clichés qui vont dire, par exemple, que les Chinois se baladent avec beaucoup d’argent sur eux. Il y a eu une agression en août 2016 d’un couturier chinois à Aubervilliers qui s’appelle Zhang Chaolin. Trois agresseurs ont essayé de voler l’argent qu’il avait sur lui. Malheureusement, il a succombé à ses blessures."

Le rôle de la nouvelle génération 

"J’ai 26 ans aujourd’hui, j’ai quitté l’école maternelle il y a à peu près 20 ans et je me dis qu’il y a toujours ce genre de stéréotypes qui sont encore véhiculés." déplore-t-il. Pour lui, cela est du au fait qu’en 20 ans, "on n’a peut-être pas assez agi. C’est un racisme qui est vu comme moins grave parce qu’il est banalisé, parce qu’on ne l’a pas assez dénoncé."

Alors aujourd’hui, "il faut agir davantage pour définitivement supprimer cette comptine ou d’autres stéréotypes sur les Asiatiques. Ça fait depuis les années 1980 qu’il y a beaucoup d’Asiatiques en France. La première génération n’a pas pu dénoncer ces choses-là, mais c’est la nouvelle qui va prendre le relai pour les dénoncer et, au fur et à mesure, j’espère que la société française va prendre conscience de la gravité de ces actes."

Le racisme anti-asiatique \"est vu comme moins grave parce qu’il est banalisé\"
Le racisme anti-asiatique "est vu comme moins grave parce qu’il est banalisé" (BRUT)