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La France, numéro un des investissements chinois en Europe

La Chine a investi 96 milliards de dollars à l’étranger en 2013, contre 77 milliards en 2012. Ces investissements ont baissé en Europe au profit des Etats-Unis. Tous les pays d’Europe ont subi d’importants reculs des investissements chinois, sauf un, la France.Le point sur la présence chinoise en France à l'heure où le président Xi Jinping est à Paris.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Tapis rouge pour les investissements chinois en France (JEFF PACHOUD / AFP)
Selon Les Echos, qui citent une étude d' «A Capital», les investissements chinois en France sont passés en 2013 de 573 à 600 millions d’euros. Ce qui représente, précise le journal, à peine 1% des 96 milliards de dollars investis par les Chinois à l’étranger.

Un stock de 3,5 milliards d'investissements chinois en France
Châteaux, vignobles, immobilier de prestige, industrie, télécommunications, finances, énergies, mode, les Chinois sont présents dans tous les secteurs. Ces investissements sont certes en forte progression, (+506% depuis 2007) mais restent très largement inférieurs aux investissements français dans l’Empire du milieu (ils seraient au total quatre fois moindre que les 16,7 milliards investis par la France). 

Selon l’Agence française pour les investissements étrangers, la Chine est le huitième investisseur étranger en France. Dans son rapport, l’agence cite des exemples d’investissements chinois en France : rachat de l’Ecole Supérieure des Métiers de l’Aéronautique sise à Mauguio ou l’installation d’une entreprise de joaillerie. Pour 2013, on a compté 33 nouveaux projets d’investissements. Ces projets devaient générer 599 emplois nouveaux. Ils s’ajoutent aux 12 à 15 000 emplois créés par des investissements chinois.

Pas toujours simple de chiffrer précisement l'ampleur des investissements chinois. Selon Camille-Yihua Chen (auteur de «Investissements chinois en France, mythes et réalités») , sur la totalité des projets chinois dirigés vers l’Europe, «21% sont allés vers la France, contre 16% vers le Royaume-Uni, et 7% vers l’Allemagne. Il y a encore trois ans, l’Hexagone n’était que troisième, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni». Dans cet article, Pierre Haski donne des exemples d’investissements chinois dans des secteurs où, à priori, on ne les attendait pas, comme la production de lait.

De Gaulle reconnaît la Chine
Pourtant la France a une place particulière dans l'histoire chinoise. Une histoire qui remonte au 27 janvier 1964. Ce jour là, en pleine guerre froide, le général De Gaulle est le premier chef d'état occidental à reconnaitre la Chine de Mao. Aujourd'hui Paris et Pékin fêtent les cinquante ans de ce rapprochement.

Paris en profite pour faire appel aux investissements chinois. «Les investissements sont les bienvenus en France et nous sommes mobilisés pour les faciliter», a fait valoir le chef de la diplomatie française, Laurent  Fabius. La France souhaite accueillir à l'avenir 50.000 étudiants chinois  contre 35.000 aujourd'hui et doubler le nombre de touristes chinois en France à  trois millions, a-t-il ajouté.

DongFeng investit dans Peugeot
Symbole de ces investissements, la décision de la France de céder une partie du capital de Peugeot à la Chine. Le groupe DongFeng chinois va injecter 800 millions d'euros dans le constructeur automobile français en difficulté, dans le cadre d'une augmentation de capital de 3 milliards d'euros.  

Dans les Echos, François Godement (Directeur du programme Asie du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR)), spécialiste de la Chine, résume la vision de Pékin : «Les Chinois avancent prudemment sur les financements d'infrastructures ou les marchés publics, car ils ne veulent surtout pas apparaître trop pressés, voire comme des prédateurs. En revanche, ils sont de plus en plus présents dans des opérations moins visibles comme le financier pur ou l'immobilier. La question est de savoir ce qui est à vendre en France. Ni les ports, ni les concessions d'autoroute, ni les voies ferrées. En tout cas, pas pour l'instant…».

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