Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong : Pékin met en garde Paris après les propos de Jean-Yves Le Drian

Mercredi, lors d'une audition devant la Commission des affaires étrangères du Sénat, le chef de la diplomatie avait promis de ne "pas rester inactif" au sujet de cette loi imposée par le régime chinois à Hong Kong. 

Des policiers devant le bureau de défense de la sécurité nationale du régime chinois à Hong Kong, le 8 juillet 2020. 
Des policiers devant le bureau de défense de la sécurité nationale du régime chinois à Hong Kong, le 8 juillet 2020.  (ANTHONY WALLACE / AFP)

La Chine a adressé, jeudi 9 juillet, une mise en garde à la France au lendemain d'une intervention du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a annoncé "des mesures" en réaction à la politique de Pékin envers Hong Kong. "Les affaires de Hong Kong relèvent des affaires intérieures de la Chine et aucun pays n'a le droit de s'en mêler", a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

Mercredi, lors d'une audition devant la Commission des affaires étrangères du Sénat, Jean-Yves Le Drian avait promis de ne "pas rester inactif" sur le sujet de la loi sur la sécurité nationale, imposée par le régime communiste chinois à Hong Kong. 

Il y a vraiment une rupture par rapport à la loi fondamentale de 1997, par rapport au principe 'un pays, deux systèmes' (...) donc on ne va pas rester comme cela.Jean-Yves Le Drianlors d'une audition au Sénat

"Nous envisageons des mesures que je serai amené à diffuser le moment venu", avait-il ajouté, soulignant vouloir le faire en "coordination" avec d'autres pays européens. En réponse, le porte-parole chinois a dit espérer que "certains pays" feraient preuve "de prudence en paroles comme en actions" et agiraient "de façon plus positive pour la stabilité de Hong Kong".

La loi sur la sécurité nationale, imposée en réponse à la contestation contre le pouvoir central dans l'ancienne colonie britannique, constitue le changement le plus radical pour Hong Kong depuis sa rétrocession par le Royaume-Uni à la Chine, en 1997. Elle vise à réprimer "la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères". Les militants prodémocratie redoutent une érosion sans précédent des libertés et de l'autonomie dans le territoire. 

Réactions des Etats-Unis et du Royaume-Uni

L'Union européenne est restée pour l'heure très mesurée sur ce dossier, à la différence des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Elle a appelé la Chine "à éviter toute action qui saperait l'autonomie de Hong Kong", mais n'a fait état d'aucune mesure de riposte.

Les Etats-Unis ont menacé Pékin de nouvelles représailles après avoir déjà révoqué en mai le statut commercial préférentiel de Hong Kong. Londres a pour sa part décidé de faciliter l'accès à la citoyenneté britannique aux Hongkongais, une annonce qualifiée "d'ingérence grossière" par Pékin.