Kacey Wong, célèbre artiste pro-démocratie, quitte Hong Kong pour Taiwan

L'artiste hongkongais Kacey Wong, connu pour ses œuvres dissidentes à l'encontre du pouvoir chinois, a annoncé sur ses réseaux sociaux qu'il avait déménagé à Taiwan afin de fuir la répression.

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'artiste Hongkongais Kacey Wong joue l'hymne national chinois à l'accordéon, enfermé dans une cage métallique rouge. Il s'agit de sa performance intitulée "The Patriot", le 6 décembre 2018 (ANTHONY WALLACE / AFP)

Kacey Wong, l'un des artistes les plus célèbres de Hong Kong a annoncé mardi 3 août qu'il avait déménagé à Taiwan, pour fuir la répression de la dissidence et retrouver une "liberté totale". Son départ est un nouveau coup porté à la réputation de Hong Kong, autrefois considérée comme un lieu privilégié d'expression et de liberté artistique. 

L'artiste, âgé de 51 ans, a publié sur Facebook une vidéo en noir et blanc dans laquelle il interprète l'ode mélancolique de Vera Lynn We'll Meet Again (Nous nous reverrons). "Partir n'est pas facile, rester est aussi difficile", a-t-il écrit. 

Fuir les nouvelles lois imposées par la Chine

Dans une interview accordée au site internet Hong Kong Free Press, Wong a confirmé avoir fui Hong Kong pour des raisons politiques, invoquant le recul des libertés depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale, imposé par la Chine l'an dernier pour étouffer toute dissidence. 

Il est connu pour ses oeuvres visuelles contemporaines, militantes et politiques. Dans l'une de ses performances, intitulée The Patriot, en 2018, il a interprété l'hymne national chinois à l'accordéon, à l'intérieur d'une cage métallique rouge. 

En 2020, les autorités ont adopté des lois controversées prévoyant des peines sévères contre quiconque commettrait un outrage contre "La marche des volontaires", l'hymne national chinois, ou contre le drapeau chinois. "Je veux et j'exige une liberté à 100 %, sans compromis", a déclaré Kacey Wong à Hong Kong Free Press.

En juin, Wong a distribué des centaines de bouts de bougies provenant de précédentes commémorations de la répression meurtrière de Pékin sur la place Tiananmen, après l'interdiction des commémorations publiques par les autorités de Hong Kong. 

De nombreuses inculpations d'artistes pro-démocrates

Les arts ne sont pas épargnés par la loi sur la sécurité, adoptée pour éradiquer le mouvement pro-démocratie après les grandes manifestations de 2019 dans l'ex-colonie britannique. Les films doivent désormais être censurés pour tout contenu enfreignant la loi et de nombreux livres ont été retirés des rayons de librairie.  

Lundi, un célèbre chanteur, Anthony Wong Yiu-ming, a été inculpé de corruption pour avoir chanté lors d'un meeting électoral organisé par un candidat pro-démocratie il y a trois ans. Deux auteurs d'un livre pour enfants comparant les partisans de la démocratie à des moutons entourés de loups ont été inculpés de sédition le mois dernier. 

Malgré cela, la cheffe de l'exécutif à Hong Kong, Carrie Lam, a estimé récemment que la liberté d'expression était intacte. "Je vous pose honnêtement la question suivante : quelle sorte de libertés avons-nous perdue, quelle sorte de dynamisme a été érodé à Hong Kong ?", a-t-elle déclaré dans une émission de radio fin juillet. 

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