Hong Kong : pourquoi le mouvement de protestation prend fin

Les manifestants prodémocratie ont été sommés, jeudi, de quitter le principal site d'occupation. 

La police de Hong Kong démonte le camp des manifestants prodémocratie dans le district Admiralty de la ville, le 11 décembre 2014.
La police de Hong Kong démonte le camp des manifestants prodémocratie dans le district Admiralty de la ville, le 11 décembre 2014. (PEDRO UGARTE / AFP)

Barricades détruites, tentes démontées, camps évacuées... le mouvement prodémocratie qui secoue Hong Kong depuis près de trois mois semble toucher à sa fin. La police de l'ancienne colonie britannique a donné une demi-heure, jeudi 11 décembre, aux manifestants qui revendiquent l'instauration d'un véritable suffrage universel, pour quitter le principal site de contestation. Faute de quoi, ceux-ci risqueront l'arrestation. Quelles sont les raisons de cet épilogue ?

L'épuisement des manifestants

Le mouvement s'est-il arrêté quasiment de lui-même ? Depuis le pic de la contestation, le 28 septembre, lorsque les manifestants étaient descendus dans la rue par dizaines de milliers, le nombre de protestataires avait nettement diminué dans le territoire.

Quand l'ordre a été donné aux protestataires d'évacuer jeudi, il n'y a pas eu grande résistance. "Face à cette offensive qui devait, selon certaines sources, mobiliser 7 000 représentants des forces de l’ordre, les manifestants, apparemment résignés, n’ont opposé qu’une très faible résistance. L’amertume était perceptible, malgré tout, comme en témoignaient les larmes sur les visages de certains", rapportent Les Echos.

La perte du soutien populaire

La contestation était devenue impopulaire dans une ville économiquement dynamique. "Les étudiants ont fini par perdre la bataille de l’opinion publique, en raison notamment des blocages de la ville dont ils s’étaient rendus responsables", soulignent encore Les Echos.

Si les autorités ont commencé, jeudi matin, à démanteler les barricades dans le quartier d'affaires Admiralty, cette opération a suivi une décision de la Haute Cour saisie par des commerçants et des compagnies de transports en commun. Ceux-ci ne voulaient pas être mis en péril économique par les blocages de rues, de place ou les embouteillages. Les étudiants devront probablement, à l'avenir, inventer d'autres formes de mobilisation pour porter leurs revendications démocratiques.

Les leaders étudiants semblent avoir baissé les armes

Les dirigeants du mouvement ont-ils eux-mêmes baissé les armes ? Les trois fondateurs d'Occupy Central, le principal mouvement prodémocratie de Hong Kong, avaient annoncé, mardi 2 décembre, qu'ils allaient se rendre à la police. Et ils avaient appelé les manifestants à évacuer les sites qu'ils occupent depuis plus de deux mois.

Est-ce la fin du mouvement pour autant ? A Admiralty, où la "révolte des parapluies" a fait fleurir d'innombrables œuvres d'art protestataire, les manifestants ont dressé des panneaux "Nous reviendrons" en anglais ou en cantonais. Certains prévoyaient également un ultime baroud d'honneur : "Je resterai assis là pour qu'ils soient obligés de me porter", a promis Lucas Wong, 23 ans, réparateur d'ordinateurs, en précisant qu'il serait équipé d'un casque et d'un bouclier pour recevoir les forces de l'ordre. 

Mais l'humeur était plutôt à la résignation après plus de deux mois de lutte sans résultat. "Nous avons échoué cette fois. Cela fait deux mois que nous dormons dans la rue, et nous n'avons rien obtenu", déplore ainsi Karen Ho, 28 ans, employée dans un théâtre.