Hong Kong : le siège du campus de PolyU continue, Pékin réitère ses menaces

Selon la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, une centaine de protestataires seraient toujours retranchés mardi dans le campus de l'Université polytechnique de Hong Kong.

Un incendie sur un pont à l\'entrée du campus de l\'Université polytechnique de Hong Kong, bastion de la contestation prodémocratie, le 19 novembre 2019. 
Un incendie sur un pont à l'entrée du campus de l'Université polytechnique de Hong Kong, bastion de la contestation prodémocratie, le 19 novembre 2019.  (YE AUNG THU / AFP)

Nouvelle journée de mobilisation sur le campus de PolyU, à Hong Kong. Plusieurs dizaines de manifestants de la contestation prodémocratie ont entamé, mardi 19 novembre, leur troisième journée retranchés dans ce campus hongkongais, après une spectaculaire "évasion" nocturne de leurs camarades.

Le siège de l'Université polytechnique de Hong Kong (PolyU) constitue la confrontation la plus longue et la plus violente avec les forces de l'ordre, depuis le début de la contestation en juin dans l'ex-colonie britannique. Cernés depuis dimanche par les policiers qui arrêtent tous ceux qui tentent de fuir ce campus de la péninsule de Kowloon, certains manifestants ont réussi dans la nuit une audacieuse "évasion", en descendant d'une passerelle au moyen de cordes avant d'être récupérés en contrebas par des motos et des scooters. 

Des manifestants tentent de fuir le campus de PolyU et les forces de police qui l\'entourent, à Hong Kong, le 18 novembre 2019. 
Des manifestants tentent de fuir le campus de PolyU et les forces de police qui l'entourent, à Hong Kong, le 18 novembre 2019.  (ANTHONY WALLACE / AFP)

Selon la cheffe de l'exéctif hongkongais Carrie Lam, désignée par un comité acquis à la cause de Pékin, une centaine de protestataires seraient toujours retranchés dans le campus de PolyU. S'exprimant pour la première fois depuis le début de ce siège spectaculaire, la dirigeante a affirmé que ces manifestants n'avaient d'autre solution que de se rendre, s'ils souhaitaient une issue pacifique à leur face-à-face tendu avec les autorités.

"Ce but ne peut être atteint qu'avec la pleine coopération des manifestants, et notamment bien sûr des émeutiers qui doivent cesser les violences, rendre les armes et sortir pacifiquement en écoutant les instructions de la police", a averti Carrie Lam. Mais depuis trois jours, les protestataires accueillent toute tentative de les déloger par un déluge de cocktails Molotov. Un policier a même été blessé à la jambe par une flèche tirée par un manifestant.

Nouvelles menaces de Pékin 

Le sort des reclus de la PolyU a suscité une vague d'émotion au sein de la mouvance prodémocratie, responsable de la plus grave crise politique dans l'ex-colonie britannique depuis la rétrocession en 1997. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi soir à Kowloon, dans une tentative vraisemblablement coordonnée pour alléger la pression sur la PolyU. Cette manifestation visait aussi à créer des contre-feux afin d'attirer la police anti-émeutes, qui s'est dite prête à faire usage de balles réelles.

Les messages menaçants de Pékin à l'encontre des manifestants se poursuivent également. "Si elle [la situation] devenait incontrôlable, le gouvernement central ne restera certainement pas les bras croisés, a déclaré l'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni. Nous avons la résolution et le pouvoir suffisants pour mettre fin aux troubles".

Autre menace à l'endroit de la contestation : mardi, Pékin a balayé la décision de la justice hongkongaise, qui avait jugé lundi anticonstitutionnelle l'interdiction du port du masque. L'exécutif hongkongais avait pris cette décision pour couper l'herbe sous le pied des manifestants.