Hong Kong : la Chine qualifie les primaires organisées par l'opposition de "grave provocation"

Plus de 600 000 Hongkongais ont pris part ce week-end à ce scrutin non officiel en dépit des avertissements lancés par les autorités, estimant qu'ils pourraient enfreindre la nouvelle loi sur la sécurité imposée par Pékin.

Des électeurs font la queue à l\'occasion des primaires à Hong Kong, le 11 juillet 2020.
Des électeurs font la queue à l'occasion des primaires à Hong Kong, le 11 juillet 2020. (MAY JAMES / AFP)

Une mise en garde belliqueuse. La Chine a qualifié, lundi 13 juillet, les primaires organisées à Hong Kong par les partis du camp prodémocratie de "grave provocation" au lendemain de ce scrutin non officiel. Cette élection visait à désigner les candidats qui brigueront en septembre des sièges au sein du Conseil législatif (LegCo), le Parlement local. Une prise de contrôle du Parlement permettrait d'entraver le vote des budgets et des lois. En réponse, Pékin a clairement laissé entrevoir des risques de poursuites judiciaires.

Dans ses justifications, la Chine affirme que mener une campagne électorale afin de prendre le contrôle du Parlement et paralyser son fonctionnement enfreignait l'article 22 de la loi de sécurité nationale, imposée par Pékin. L'article vise à réprimer la "subversion du pouvoir étatique" et proscrit ainsi toute "ingérence et obstructions sérieuses" à l'encontre du gouvernement central chinois et du gouvernement local ainsi que toute action susceptible de les rendre "dans l'incapacité d'exercer leurs fonctions normalement". 

Pour l'opposition prodémocratie et plusieurs pays occidentaux, ce texte menace l'autonomie législative et judiciaire ainsi que les libertés dont sont censés jouir les habitants du territoire jusqu'en 2047 en vertu du principe "Un pays, deux systèmes". Le contenu de cette loi a été gardé secret jusqu'à sa promulgation le 30 juin. Le Parlement local n'a pas eu son mot à dire.