Explosions à Tianjin : les propriétaires des entrepôts qui ont pris feu avaient enfreint plusieurs règles

En mettant l'accent sur les manquements des responsables locaux, Pékin espère détourner la colère populaire et les dénonciations de défaillances plus générales au niveau national.

Des habitants de Tianjin (Chine) réclament des compensations financières,  le 19 août 2015, car leurs maisons ont été ravagées par les explosions meurtrières dans un entrepôt de produits chimiques.
Des habitants de Tianjin (Chine) réclament des compensations financières,  le 19 août 2015, car leurs maisons ont été ravagées par les explosions meurtrières dans un entrepôt de produits chimiques. (LI XIAOFEI / IMAGINECHINA)

L'enquête semble progresser à grands pas après les explosions meurtrières de Tianjin (Chine) dans un entrepôt de produits chimiques. Au total, dix responsables de l'entreprise Tianjin Rui Hai International ont été arrêtés, après la catastrophe qui a causé la mort de 114 personnes. Et selon l'agence Chine nouvelle, les deux propriétaires ont utilisé des prête-noms pour cacher leurs connexions politiques et obtenir les permis nécessaires à leur activité.

Par ailleurs, une enquête a été ouverte pour corruption contre le directeur de l'administration d'Etat chargée de la sécurité au travail.

Deux propriétaires cachés derrière des prête-noms

Yu Xuewei, ancien dirigeant du groupe chimique Sinochem, s'était dissimulé derrière le nom d'un ami, tandis que Dong Shexuan, détenteur de 45% des parts de Rui Hai, avait sollicité un camarade d'études. "J'ai demandé à mon condisciple de garder ces actions en mon nom, à cause de mon père, explique Dong Shexuan,  fils d'un ancien chef de la police du port de Tianjin. Si la nouvelle que je faisais ce genre d'investissements s'était ébruitée, cela aurait pu avoir des répercussions néfastes." 

Du cyanure de sodium entreposé près de zones habitées

Quelque 700 tonnes de cyanure de sodium étaient conservés dans l'entrepôt situé à moins d'un kilomètre de zones habitées et d'axes routiers importants, ce qui est interdit par les règles chinoises. Fait aggravant, Dong Shexuan a reconnu avoir utilisé ses connexions politiques pour obtenir les permis nécessaires et passer sans encombre les inspections. "Mes connexions sont dans la police et chez les pompiers. J'allais rencontrer des responsables des brigades de pompiers du port de Tianjin", a expliqué Dong Shexuan.

L'activité s'est poursuivie malgré l'absence de licence

Tianjin Rui Hai International Logistics a par ailleurs opéré sans licence pendant neuf mois, jusqu'à juin dernier, a ajouté Chine nouvelle. "Après l'expiration de notre premier permis, nous avons fait une demande d'extension. Mais en attendant, nous n'avons pas arrêté nos activités, a commenté Yu Xuewei à Chine nouvelle. Nous ne pensions pas que c'était vraiment un problème. Beaucoup d'autres firmes le font aussi."