Craintes de contamination à Tianjin : l'équipe de France 2 évoque "nausées et maux de tête"

La journaliste de France 2, Martine Laroche-Joubert, a passé plusieurs jours sur les lieux de la catastrophe.

Des militaires chinois sur le site de la catastrophe de Tianjin (Chine), le 16 août 2015.
Des militaires chinois sur le site de la catastrophe de Tianjin (Chine), le 16 août 2015. ( CHINA DAILY / REUTERS)

La catastrophe de Tianjin est-elle en train de causer une pollution à grande échelle ? Les habitants de cette ville du nord-est de la Chine sont-ils exposés à un risque de contamination ? Les informations en provenance de la région ne font qu'attiser ces craintes. Pour la première fois depuis la catastrophe, dimanche 16 août, l'armée chinoise a reconnu que des centaines de tonnes de cyanure hautement toxique étaient entreposées dans la zone industrielle dévastée par la série d'explosions de mercredi. Et la veille, samedi, des substances toxiques se répandaient sur le site. Les habitants ont été évacués dans un rayon de trois kilomètres.

Avec son équipe, la journaliste de France 2, Martine Laroche-Joubert, a passé plusieurs jours sur place, au plus près de la zone dévastée. Elle livre ses impressions à francetv info.

Francetv info : Plusieurs journalistes présents à Tianjin disent avoir été malades. Ressentez-vous aussi des troubles ? 

Martine Laroche-Joubert : Toute l'équipe vient de rentrer à Pékin. Mais à Tianjin, la jeune femme qui est notre productrice s'est sentie très mal ; elle a vomi et a vraiment eu mal au cœur et à la tête. Le journaliste reporter d'images trouvait, lui, qu'il avait la peau très sèche, mais il pensait que c'était plutôt à cause de l'eau très acide. Quant à moi, j'ai un peu mal à la tête et au cœur, mais c'est peut-être dû à la fatigue... Car se trouver dans ce genre d'endroit et de situation, c'est très éprouvant.

De quelles protections disposez-vous ?

Nous n'avions pas de matériel de protection spécifique. A Tianjin, beaucoup d'habitants portaient des masques chirurgicaux sur le visage, mais ils ne protègent rien du tout. Les journalistes de la télévision chinoise portaient, eux, des masques un peu plus sophistiqués. Dans la zone industrielle ravagée, les pompiers et les militaires portent des tenues de protection complètes, qui recouvrent tout le corps.  Hier, les policiers chinois ont fait évacuer une zone à moins de 100 mètres de notre hôtel. Ce matin, on était un peu inquiet. C'est difficile à vivre. On ne sait rien... On va voir comment notre état de santé évolue.

De quelles informations disposiez-vous sur le niveau de pollution à Tianjin ?

Nous ne savions rien du tout. Les autorités chinoises ont déclaré en conférence de presse que, d'après leurs analyses, l'air de Tianjin était très pollué, mais que, malgré la présence de certains polluants en taux anormaux, il n'était pas toxique. Ça, c'était hier. Aujourd'hui, elles ont reconnu que du cyanure s'était répandu dans l'environnement. Mais nous n'avons pas d'instruments de mesures, nous ne pouvons hélas rien vérifier.