Catastrophe environnementale au Brésil : les compagnies minières en accusation

Le gouvernement brésilien va réclamer en justice 5,2 milliards de dollars à des compagnies minières accusées d'être responsables de la plus grande catastrophe environnementale de l'histoire du Brésil. Une immense coulée de boues toxiques s'est répandue sur 650 kilomètres jusqu'à l'Atlantique suite à la rupture de deux barrages miniers.

(La gigantesque coulée de boues toxiques a parcouru plus de 650 kms dans le sud-est du Brésil. © Ricardo Moraes/ Reuters)

Le 5 novembre dernier, la rupture d'un barrage de déchets miniers a causé treize morts dans la province de Minas Gerais, au sud-est du Brésil. Onze autres personnes sont toujours portées diparues.

La gigantesque coulée de boue qui s'est déversée du barrage situé non loin de la ville historique de Mariana a entièrement enseveli le village de Bento Rodrigue et s'est répandue sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique avec un bilan écologique catastrophique.

Une immense coulée de boue hautement toxique

Dans cette coulée de boues, les experts de l'ONU ont retrouvé de nombreux produits toxiques : de l’arsenic, du plomb, du mercure et des métaux lourds. Ces boues ont ravagé tous les écosystèmes traversés. Des milliers d'animaux ont été tués et de vastes zones de forêt tropicale protégées sont dévastées. La ministre de l'Environnement brésilienne Izabella Teixera a affirmé qu'il s'agissait de "la plus grande catastrophe environnementale de l'histoire du Brésil".  Cette catastrophe a notamment rendu impropre à la consommation les réserves d’eau correspondant à un bassin de 500.000 personnes, avant d'aller polluer les eaux de l'Atlantique. 

Les exploitants miniers accusés de négligence

Au Brésil, on parle désormais de "catastrophe" et non plus "d’accident" car la justice a clairement constaté une série de négligences de la part de la mine, à commencer par l’absence de tout système d’alerte, qui aurait sans doute permis de sauver des vies humaines.

Le gouvernement brésilien va donc réclamer une amende historique de près de cinq milliards de dollars pour le préjudice causé contre la compagnie Samarco propriétaire du barrage, et ses deux actionnaires à parts égales, les géants miniers brésilien Vale et anglo-australien BHP Billiton. Mais les ONG, elles, réclament un contrôle plus strict des mines de fer de plus en plus nombreuses sur le territoire brésilien. La production mondiale de minerais de fer a augmenté de 600% depuis 2003 et le Brésil en est devenu le second exportateur mondial. Ironie de l’histoire, le pays est justement en pleine discussion pour adopter une nouvelle régulation encore moins contraignante pour les mines. Mais avec la catastrophe du Minas Gerais, plusieurs parlementaires ont demandé une révision complète du texte qui devrait malgré tout permettre l’exploitation minière dans des zones protégées.

Le reportage d'Anne Vigna sur la catastrophe minière au Brésil
--'--
--'--