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Cargo à la dérive : "Nous n'avons pas suffisamment de navires de surveillance"

En une semaine, c'est le deuxième bateau de migrants à la dérive récupéré ce vendredi matin au large de l'Italie. A bord, près de 450 migrants. Pour Christian Buchet, directeur du Centre d'études sur la mer, le droit maritime international doit absolument être revu pour réduire l'insécurité en mer.
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Radio France
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 (Le cargo Ezadeen, avec 450 migrants à son bord, est actuellement remorqué vers la côte italienne © MaxPPP)

450 migrants clandestins ont été secourus ce vendredi matin sur un cargo à la dérive au large de l'Italie. Un scénario tristement familier, puisque ce mercredi déjà un autre navire avait été abandonné dans les mêmes conditions. Il transportait 800 migrants, essentiellement des Syriens. Un procédé nouveau, selon Christian Buchet, le directeur du Centre d'études sur la mer.  " C'est assez troublant qu'en l'espace de moins de huit jours on ait deux cas où l'on utilise ce procédé, c'est-à-dire les navires-poubelles. On a éradiqué ces navires-poubelles en Europe il y a quelques années à la suite de catastrophes comme l'Erika. Ces vieux cargos aujourd'hui ne fréquentent plus les eaux européennes. Dans ces deux cas, ils ont été achetés par une bouchée de pain par des armateurs douteux qui les envoient une ultime fois pour une traversée en Europe avec des immigrants ." explique-t-il. 

 

Des conditions terribles

 

Pour ces migrants, le voyage se fait dans des conditions terribles, dans des cargos qui, non seulement, ne sont pas faits pour accueillir des passagers mais surtout qui naviguent dans un état d'insécurité total, selon Christian Buchet. "Heureusement qu'il est parvenu tout au moins au large des côtes italiennes car on aurait très bien pu imaginer un problème à bord – incendie ou autre – durant la traversée ".  

  

Manque de moyens techniques et juridiques

 

Une nouvelle forme de piraterie bien difficile à combattre, faute de moyens et en raison du vide juridique qui entoure le contrôle de la haute mer.

 

"Il nous faut absolument revoir le droit maritime international. Les Etats ont la capacité d'intervenir dans les eaux territoriales ou la zone économique exclusive, mais en haute mer il n'y a pas de police maritime internationale. Et entre les problèmes de l'immigration, des narcotrafiquants et de la piraterie, on voit bien que des pays aussi puissants que les pays européens n'ont pas les moyens d'assurer la police en haute mer avec tout un tas de menaces qui peuvent arriver sur nos côtes."

 

Alors que la piraterie se développe partout dans le monde, particulièrement ces derniers mois au large de la Côte d'Ivoire, il manque aussi cruellement de moyens financiers et techniques. L'insécurité en mer grandit parce que "nous n'avons pas suffisamment de navires de surveillance ". "Il faut absolument augmenter la garde ", estime Christian Buchet, rappelant qu'aujourd'hui 92% des marchandises qui sont en Europe nous arrivent par voie maritime.

"La police fait ce qu'elle peut avec les moyens qu'elle a" (Christian Buchet) - 0
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