VIDEO. Découvrez des images inédites de l'épave mythique du "HMS Terror", englouti dans l'Arctique canadien

L'agence gouvernementale Parcs Canada publie les images filmées par ses services, dans l'épave disparue en 1845 et retrouvée en 2016, notamment grâce aux témoignages des communautés inuits.

Extrait des images tournées dans l\'épave du \"HMS Terror\", englouti dans l\'Arctique.
Extrait des images tournées dans l'épave du "HMS Terror", englouti dans l'Arctique. (RYAN HARRIS / PARKS CANADA AGENCY / AFP)

La vaisselle est intacte. Plus de 170 ans après la disparition mystérieuse du navire britannique HMS Terror dans l'Arctique canadien, des images inédites de l'épave ont été diffusées mercredi 28 août par l'agence gouvernementale Parcs Canada. Filmées par les plongeurs et le robot téléguidé de l'agence canadienne, elles révèlent des objets intacts de la vie sur le navire. "Nous avions l'impression, en explorant le HMS Terror, qu'il s'agissait d'un navire récemment abandonné par son équipage, semblant avoir échappé au passage du temps", a déclaré dans un communiqué Ryan Harris, directeur du projet archéologique.

Le Terror et l'Erebus, étaient les deux bateaux de l'expédition anglaise emmenée par John Franklin, partie de Grande-Bretagne en 1845 à la recherche du passage du Nord-Ouest, qui relie les océans Atlantique et Pacifique par l'Arctique. Surpris par le froid, 129 marins sont restés coincés un an et demi dans les glaces avant de mourir de faim, de froid et de saturnisme. Les circonstances de la plus grande tragédie de l'exploration arctique, qui a fait l'objet d'une série télévisée américaine, The Terror, sont restées floues depuis.

Des écrits conservés ?

Le premier navire, HMS Erebus, a été retrouvé en 2014. Le Terror a été retrouvé en 2016 à 24 mètres de profondeur au large de l'île King William, dans le passage du Nord-Ouest, à l'est de Cambridge Bay dans le territoire du Nunavut. Le bateau a été retrouvé posé droit sur sa quille au fond de la mer, l'hélice toujours en place, l'ancre levée, et les fenêtres de toit non couvertes, ce qui suggère l'abandon rapide du navire, a remarqué Harris. Les sédiments qui ont recouvert la chambre du capitaine du navire, Francis Crozier, ont permis la préservation de son bureau, dans lequel les chercheurs s'attendent à trouver des instruments scientifiques et des cartes.

Seuls les quartiers personnels du capitaine demeurent inaccessibles, en raison d'une porte close. Les chercheurs espèrent y trouver des documents écrits et scellés que l'eau froide et les sédiments pourraient avoir conservés. "Les écrits pourraient éclaircir ce qui s'est passé, la chronologie des évènements, quand les bateaux se sont séparés et comment ils sont arrivés là où ils ont été abandonnés", a expliqué Ryan Harris, en conférence de presse. Ryan Harris et son équipe espèrent continuer les recherches l'année prochaine, notamment pour explorer la cabine du capitaine Crozier : "On ne sait jamais ce qu'on va trouver dans ce dernier espace inexploré."

Les recherches archéologiques ont été menées en partenariat avec des organisations inuits, dont les témoignages oraux transmis de génération en génération ont permis de localiser les épaves. Les communautés inuits de l'Arctique seront les premières à voir les artefacts du Terror, dont elles sont légalement les copropriétaires.