Canada : un médecin accusé d'avoir utilisé son propre sperme pour des inséminations artificielles

Un action collective en justice a été engagée par onze femmes contre ce spécialiste de la fertilité basé à Ottawa.

Une fécondation in vitro pratiquée dans un centre médical de Magdebourg (Allemagne), le 17 janvier 2018.
Une fécondation in vitro pratiquée dans un centre médical de Magdebourg (Allemagne), le 17 janvier 2018. (KLAUS-DIETMAR GABBERT / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

Sa réputation n'était plus à faire. Ses patientes lui ont fait confiance. Elles assurent aujourd'hui avoir été trahies. Le docteur Norman Barwin est accusé d'avoir utilisé son propre sperme lors d'inséminations artificielles, sans le consentement de ses patientes. Onze femmes qui ont eu recours à ses services pour avoir un enfant ont intenté une action collective en justice contre ce médecin d'Ottawa, spécialiste de la fertilité, selon Radio Canada, vendredi 6 avril.

"Un immense abus de confiance"

Le recours collectif a été lancé à l'automne 2016 par deux femmes. Neuf autres plaignantes se sont depuis ajoutées à la procédure, qui doit désormais être examinée par la justice. "Il y a un immense abus de confiance, affirme l'un de leurs avocats, Peter Cronyn. Les femmes avec qui nous avons parlé et qui sont allées le voir parlent de cela comme d'un 'viol'. Ces parents n'ont pas pu avoir la famille dont ils rêvaient." D'après cet avocat, certaines femmes ont découvert que le sperme utilisé pour la conception de leur enfant ne provenait pas du père ou du donneur prévu. 

Kat Palmer et Rebecca Dixon, deux jeunes femmes nées grâce à des inséminations artificielles pratiquées par le docteur Norman Barwin dans sa clinique de Broadview, ont appris grâce à des tests ADN qu'elles avaient le même père et qu'elles étaient donc demi-sœurs. Le docteur Norman Barwin, lui, a cessé d'exercer en 2012 et a démissionné de l'Ordre des médecins canadien, deux ans plus tard.