Présidentielle au Brésil : derrière Ronaldinho, le match inégal du monde du foot entre pro et anti Bolsonaro

Au Brésil, en pleine campagne présidentielle, le monde du football se fait remarquer par son implication pour l'extrême droite, avec notamment l'engagement de Ronaldinho. Il divise les tribunes comme le pays. 

Un maillot de la sélection nationale de football du Brésil en faveur de Bolsonaro lors de sa visite le 17 octobre 2018 à l\'archidiocèse de Rio, au Brésil.
Un maillot de la sélection nationale de football du Brésil en faveur de Bolsonaro lors de sa visite le 17 octobre 2018 à l'archidiocèse de Rio, au Brésil. (MAURO PIMENTEL / AFP)

Des footballeurs brésiliens, à l'instar de l'ex-star Ronaldinho, ont pris position pour le candidat de l'extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro, opposé au second tour le 28 octobre, à un représentant de la gauche, Fernando Haddad. La campagne est marquée par cette implication de sportifs, qui divise stades et clubs de supporters, alors que le football dans le pays reste marqué par la lutte contre la dictature.  

L'"influence" de Ronaldinho est réelle

L’image de Ronaldinho Gaucho avec un maillot portant le numéro 17, le code du candidat d’extrême droite sur les urnes électroniques, n’a pas surpris au Brésil. Après sa retraite sportive, l’ancien footballeur du PSG et du Barça a rejoint un parti politique évangélique qui soutient Bolsonaro. Il s'était affiché à ses côtés en décembre 2017.

Ronaldinho a été suivi dans cette voie par une dizaine d’autres joueurs célèbres au pays où le ballon rond est roi : Rivaldo ou Cafu pour les anciens, Felipe Melo ou Lucas Moura pour les joueurs en activité. C'est un engagement qui a une incidence, souligne Roger, supporteur du Vasco da Gama, un club de Rio de Janeiro qui a lutté pour faire tomber les barrières du racisme tout au long du XXe siècle. "Les joueurs sont des citoyens populaires, alors, oui, ils ont de l’influence, sauf pour les personnes qui ont leur propre opinion", affirme-t-il. "Nous avons eu dans le passé plusieurs joueurs qui ont lutté contre la dictature, rappelle-t-il. Je ne pense pas que ceux qui soutiennent aujourd’hui la dictature sachent la vérité sur elle."

Des supporteurs défilent avec les pro-démocrates

Le combat du joueur Socrates contre la dictature, dans les années 80, reste gravé dans les mémoires. Capitaine de la Seleçao, il disputait ses matchs avec son club des Corinthians avec le mot "démocratie" sur les maillots. Peu de joueurs, aujourd’hui, ont pris position pour la gauche, regrette un autre supporteur. En tout cas, le soutien est implicite. "Il y a Juninho, par exemple, qui est une grande idole de Vasco da Gama, s’est déjà clairement prononcé contre Bolsonaro. Comme nous n’avons que deux options, il est donc en faveur de Haddad", en déduit-il.

Dans les manifestations contre l’extrême droite, certains supporteurs des quatre grands clubs de Rio, Botafogo, Flamengo, Fluminense et Vasco da Gama, se démarquent sous le mot "démocratie". "Nous avons ici à Rio de Janeiro plusieurs collectifs de supporteurs qui sont de gauche et progressistes", assure un manifestant. Il évoque un groupe en particulier. "Ce collectif est sympa parce qu’il rassemble des rivaux sur le terrain mais dans un objectif commun qui est de lutter pour la démocratie", confie-t-il.

Comme le reste du pays, le monde du football est très divisé pour cette élection et les slogans politiques envahissent de plus en plus les tribunes, malgré les consignes des clubs qui veulent rester neutres.