Le Brésil en pleine récession économique

On le savait, l’économie brésilienne ne va pas très fort. L’institut brésilien de géographie et statistique (IBGE) confirme que la récession est forte. Le PIB du Brésil a en effet reculé de 3,8% en 2015. Le plus fort recul en 25 ans.

La présidente du Brésil Dilma Roussef, le 25 février 2016.
La présidente du Brésil Dilma Roussef, le 25 février 2016. (DIDA SAMPAIO / ESTADAO CONTEUDO / Agência Estado)

L’activité de l’industrie minière a ainsi reculé de 6,6%. Et l’industrie globalement de 6,2%. Même les services n’ont pas résisté avec un décrochage de 2,7%.
 
L’économie brésilienne fait ainsi partie des derniers de la classe pour l’Amérique du Sud. Seul le Venezuela fait pire avec un recul de 10%. Elle est aussi au dernier rangs des BRICS, les pays émergents.
 
La situation de l’avionneur Embraer illustre, si on peut dire, le trou d’air de l’économie brésilienne. Le troisième constructeur mondial derrière Boeing et Airbus a vu son bénéfice fondre de 79% en 2015. Un paradoxe puisque son carnet de commandes a progressé de 1,6 milliard de dollars sur l’année précédente. Embraer a livré 101 avions commerciaux et 120 jets privés.

En fait, son mauvais résultat financier est dû à la forte dévaluation du réal par rapport au dollar de près de 50%. Mais la direction se veut rassurante dans la mesure où la monnaie utilisée dans le secteur est le dollar.

Une économie en trompe-l'œil 
Le Brésil est en crise depuis 2014, et les experts n’attendent rien de mieux avant 2018. Le gouvernement prévoit un nouveau recul pour 2016 du PIB de 2,9%, et une croissance nulle en 2017. Selon des experts, la situation du Brésil qui pendant longtemps a fait des envieux, n’est pas surprenante.
 
Cité par Libération, Guillaume Tresca, économiste au Crédit Agricole, estime même que la croissance sous Lula n’a pas été synonyme d’industrialisation. «Le Brésil a profité du boom des matières premières.» Faute d’avoir développé l’industrie, le Brésil a coulé quand l’appétit de l’ogre chinois a été rassasié.
 
Toujours dans Libération, on parle de «reprimarisation de l’économie». En clair, une situation propre aux pays du tiers-monde qui exportent des matières premières et importent des produits finis.
 
L’envol du crédit, à la consommation ou immobilier, a fini de miner l’économie. Le taux d’endettement des ménages est passé en dix ans de 20 à 58% du PIB. Une dette devenue très difficile à honorer quand la machine à exporter s’est grippée et la croissance avec. On connaît la suite: hausse des taux d’intérêt, chômage, baisse de la consommation, récession.

L'agriculture limite la casse
L'agriculture reste le seul secteur à s'en sortir. La dévaluation du réal a permis aux matières premières agricoles de se repositionner sur le marché mondial. On pense au soja ou au maïs à destination de l’Europe ou des Etats-Unis. Une bonne nouvelle car avec un poids de 128 milliards de dollars, elle représente 40% des exportations et 23% du PIB. Mais on le voit, cela n’a pas suffi à sauver l’économie brésilienne.
  
Un contexte économique qui ne va pas arranger la situation de la présidente Dilma Rousseff, menacée d’une procédure de destitution. On l’accuse d’être mêlée au scandale de corruption autour du groupe pétrolier public Petrobras.