Football: un Mondial coûteux pour le Brésil

Les Bleus se rendront en 2014 au Brésil. Ils se sont qualifiés pour le Mondial de football à l'issue d'un match haletant. Mais le coût de l’événement sportif a cristallisé au printemps les crispations d'une population qui a protesté contre la vie chère. Voici en quelques chiffres les motifs du mécontentement.

Derniers préparatifs au stade de Maracana, dans le nord de Rio de Janeiro, le 12 juin 2013.
Derniers préparatifs au stade de Maracana, dans le nord de Rio de Janeiro, le 12 juin 2013. (INGRID CRISTINA / BRAZIL PHOTO PRESS)
Outre le prix du billet d'autobus ou de métro, les Brésiliens ont en effet manifesté dans les principales villes du pays contre les dépenses colossales – 11 milliards d'euros – engagées pour le Mondial de football, dont le coup d’envoi est prévu le 12 juin 2014. Ils ont dénoncé une débauche de moyens, alors que certains services publics comme la santé ou l’éducation sont sinistrés. 
 
57 euros par Brésilien
La Coupe du monde de football  et la Coupe des Confédérations qui s'est déroulée en juin 2013 devraient coûter au moins, selon les derniers chiffres officiels publiés par le gouvernement, quelque 57 euros pour chacun des 194 millions de Brésiliens.
 
Problème: le gouvernement a plusieurs fois révisé à la hausse les coûts de l'organisation de ces deux événements. Les chiffres officiels des dépenses sont consultables sur le site www.contasabertas.com.br
 
               - Stades: 3,5 milliards de dollars
               - Mobilité urbaine: 4,3 milliards de dollars
               - Aéroports: 3,4 milliards de dollars
               - Sécurité: 950 millions de dollars
               - Ports: 350 millions de dollars
               - Télécommunications: 200 millions de dollars
              
L'accueil du Mondial a contraint le Brésil à construire, entre autres, 12 stades (certains ont été seulement rénovés), 21 terminaux aéroportuaires, 7 pistes d'atterrissage, 5 terminaux portuaires.

Le stade de Maracana en travaux
 
Les réactions
Pour la présidente Dilma Rousseff (gauche), l'essor économique et social du pays, devenu la 7e puissance économique mondiale en 10 ans, a fait émerger une classe «de citoyens qui réclament plus et ont droit à plus». Il est normal que «les exigences de la population changent au fur et à  mesure que nous transformons le Brésil, que nous augmentons la richesse, l'accès à l'emploi et à l'éducation.»
 
Ricardo Antunes, sociologue à l'Université de Campinas, estime, lui, que le Mondial a servi de vecteur à l'expression de cette indignation, «avec ces stades monumentaux qui ont coûté des sommes  faramineuses».
 
Dani Alves, Hulk et David Luiz, des joueurs de la Seleçao brésilienne, se sont montrés solidaires avec «le peuple». Ainsi, lors d’une conférence de presse à Fortaleza, au nord, l’attaquant Hulk, y est allé de son soutien: «Moi qui viens du bas de l'échelle et qui ai maintenant une bonne position, je vois ces manifestations et je sais qu'ils ont parfaitement raison». Si même les joueurs s’en mêlent !