Brésil : la Cour suprême va réexaminer la demande de libération de Lula

Cette décision intervient au lendemain de révélations qui ont jeté le doute sur l'enquête anticorruption "Lava Jato", qui a permis la condamnation de l'ancien président.

Des partisans de Lula manifestent devant le ministère de la Justice à Brasilia, le 10 juin 2019.
Des partisans de Lula manifestent devant le ministère de la Justice à Brasilia, le 10 juin 2019. (MATEUS BONOMI / AGIF / AFP)

La Cour suprême du Brésil a décidé, lundi 10 juin, de rouvrir le débat sur la demande de libération de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, au lendemain de révélations qui ont jeté le doute sur l'enquête anticorruption "Lava Jato" ("Lavage express").

Agé de 73 ans, l'ancien chef d'Etat purge depuis avril 2018 une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour l'obtention d'un triplex en guise de pot-de-vin de la part d'une entreprise de BTP en échange de contrats avec le groupe pétrolier étatique Petrobras.

L'impartialité d'un juge remise en question

Le site d'investigation The Intercept (en anglais) a lancé dimanche de lourdes accusations de partialité politique après avoir eu accès à un grand volume de messages privés échangés notamment sur Telegram entre les procureurs et le juge Moro, chargés de l'enquête "Lava Jato" et accusés de "tromperies systématiques" et de "manque d'éthique".

C'est le juge Sergio Moro qui a condamné Lula en première instance en 2017, avant d'être nommé ministre de la Justice et de la Sécurité publique en janvier par le président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Son impartialité est aujourd'hui remise en cause par ces révélations.

Selon l'enquête de The Intercept, le juge et les procureurs auraient conspiré pour empêcher l'icône de la gauche de se représenter à la présidentielle de 2018, pour laquelle les sondages le donnaient largement vainqueur et finalement remportée par Jair Bolsonaro. Lula s'est toujours dit innocent et victime d'une machination politique.