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Brésil : l'interdiction des commémorations du coup d'Etat de 1964 annulée en appel

Le message du ministre de la Défense qui doit être lu dans les casernes "ne contient (...) aucun affront à l'Etat de droit démocratique", a tranché la justice.

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Le président brésilien, Jair Bolsonaro, et le général Hamilton Mourao, vice-président, lors d'une cérémonie à Brasilian le 28 mars 2019. (MATEUS BONOMI / AGIF)

La décision de justice a été infirmée dès le lendemain. Une juge d'une cour d'appel brésilienne a annulé, samedi 30 mars, la décision, prise la veille par une autre magistrate, qui interdisait la célébration du 55e anniversaire du coup d'Etat militaire de 1964. Dans sa décision, la juge Maria do Carmo Cardoso, de la cour d'appel TRF1, a jugé recevable un recours de l'Etat brésilien, qui mettait en avant le fait que "l'Etat de droit démocratique est fait d'un pluralisme d'idées".

Lundi, le porte-parole de la présidence avait annoncé que le président d'extrême droite Jair Bolsonaro avait ordonné que ce 55e anniversaire du coup d'Etat soit célébré "comme il se doit" dans les casernes. Ces commémorations ont été interdites vendredi soir par la juge de Brasilia Ivani Silva da Luz, qui avait estimé que cette commémoration "n'est pas compatible avec le processus de reconstruction démocratique".

"Après des années de luttes politico-idéologiques, de résistance démocratique et de reconquête de l'Etat de droit, qui ont abouti à la promulgation de la Constitution fédérale de 1998, il est attendu de la concorde, de la sérénité et de l'équilibre de la part des institutions", avait écrit la magistrate dans sa décision.

Bolsonaro nuance ses propos

Mais la juge du TRF1 Maria do Carmo a considéré pour sa part que le message du ministre de la Défense qui doit être lu dans les casernes "ne contient aucune connotation (...) de violation de la mémoire et de la vérité (...) ni aucun affront à l'Etat de droit démocratique". "Je ne vois aucune violation des droits de l'Homme, d'autant plus que des manifestations similaires ont eu lieu dans des casernes lors des années précédentes, sans aucune conséquence négative pour la collectivité", a-t-elle conclu.

Face à la polémique, le président Bolsonaro, qui a toujours fait l'éloge de la dictature militaire, a nuancé ses propos jeudi, affirmant qu'il ne s'agissait pas de "commémorer, mais de se remémorer" cet épisode de l'histoire brésilienne. Des cérémonies militaires célébrant les 55 ans du Coup d'Etat qui a instauré une dictature de 21 ans au Brésil ont déjà eu lieu dans plusieurs régiments jeudi et vendredi, avec la lecture du message du ministre, qui évoquait la nécessité de faire "rempart contre le totalitarisme".

Sous le mot d'ordre "Plus jamais de dictature", des manifestations sont prévues dimanche dans plusieurs villes brésiliennes. Selon un rapport publié en 2014 par la Commission nationale de la vérité, 434 assassinats ont été perpétrés au cours des 21 ans de régime militaire, sans compter les centaines de détentions arbitraires et cas de torture d'opposants.

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