Brésil : "immense tristesse" aux obsèques d'un homme noir tabassé à mort par des agents de sécurité

Les images d'une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking d'un supermarché Carrefour pendant que l'autre le tenait ont choqué le Brésil.

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Des proches de Joao Alberto Silveira Freitas autour de son cercueil à Porto Alegre (Brésil), le 21 novembre 2020.  (SILVIO AVILA / AFP)

L'émotion était perceptible, samedi 21 novembre, à Porto Alegre, dans le Sud du Brésil, à l'enterrement de Joao Alberto Silveira Freitas, un homme noir tué jeudi après avoir été roué de coups par des agents de sécurité blancs d'un supermarché Carrefour.

En présence d'une quarantaine de personnes, il a été inhumé au cours d'une cérémonie sobre et pleine de recueillement. "J'espère que toute l'émotion que sa mort a suscitée fera en sorte que notre société s'améliore (...), qu'on enseigne les principes d'égalité sur les bancs de l'école", a lancé son père.

Les images insoutenables d'une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking du supermarché pendant que l'autre le tenait ont choqué le Brésil. Selon les premiers éléments de l'enquête, il a été roué de coups pendant plus de cinq minutes avant d'être immobilisé par ses agresseurs et de mourir asphyxié. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a exprimé hier sa "vive émotion" et dit avoir "demandé aux équipes de Carrefour Brésil une totale collaboration avec la justice pour que toute la lumière soit faite sur ces actes odieux." 

"Pas de racisme au Brésil" 

Samedi, au début de son discours au sommet virtuel du G20, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a une nouvelle fois ignoré les graves problèmes de racisme structurel qui minent le Brésil, un pays dont plus de la moitié des 212 millions d'habitants sont noirs ou métis.

"En tant qu'homme et en tant que président, je vois tout le monde de la même couleur : vert et jaune (les couleurs du drapeau du Brésil)", a-t-il affirmé, réitérant des propos diffusés la veille sur Twitter, quand il se disait "daltonien". Vendredi, son vice-président Hamilton Mourao avait également suscité un tollé en affirmant qu'il n'y avait "pas de racisme au Brésil".

Vendredi soir, des manifestations réunissant plusieurs centaines de personnes ont eu lieu devant des supermarchés Carrefour à Porto Alegre et dans d'autres grandes villes brésiliennes.

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