Brésil : dernière ligne droite pour la destitution de Dilma Rousseff

Jour après jour, la présidente Dilma Rousseff est de plus en plus menacée. Lundi 11 avril 2016, une commission parlementaire a voté la poursuite du processus de sa destitution devant le sénat. Dans quelques jours, tous les députés seront appelés à se prononcer. Le pays se scinde en deux, au risque de s’affronter.

Le Brésil contre la corruption. Manifestation à Brasilia, le 7 septembre 2015.
Le Brésil contre la corruption. Manifestation à Brasilia, le 7 septembre 2015. (AFP/Andressa Anholete)
Des barrières métalliques ont été installées devant le Congrès. Il s’agit de séparer les deux camps qui assisteront en fin de semaine à l’assemblée plénière des députés. Car quel que soit le résultat, les dérapages sont prévisibles.
 
La droite devra trouver une majorité des deux-tiers (342 sur 513 députés) pour poursuivre le processus de destitution. Faute de quoi la procédure sera définitivement enterrée. La bataille fait donc rage entre la droite et le camp Lula-Rousseff.
 
La droite pavoise
La procédure  est particulièrement complexe. In fine, c’est le sénat qui devra approuver ou non la mise en accusation de la présidente. Si c’est le cas, Dilma Rousseff sera écartée du pouvoir pour six mois au maximum, en attendant un vote définitif. A l’approche de la décision finale, les esprits sont chauffés à blanc
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La population également se scinde en deux. Les pro-impeechment sont en majorité issus de la classe moyenne. Clairement de droite, ils accusent Dilma Rousseff d’avoir ruiné le pays en manipulant les comptes publics. Le scandale Petrobras a jeté le discrédit sur la coalition de centre-gauche qui depuis 2003 dirige le pays. Petrobas, c’est une vaste distribution de pots de vin par des grands groupes du BTP en échange de marchés publics.
 
Lula au front
Luis Inacio Lula da Silva est donc sorti de sa semi-retraite pour tenter de sauver Dilma Rousseff. Lula est lui-même accusé de corruption, et sa nomination au gouvernement a pour but d’éteindre l’action de la justice à son encontre. Alors Lula, jouant de sa popularité encore forte, ferraille comme un beau diable, dénonçant un «coup d’Etat institutionnel» des «élites bourgeoises». Tribun hors pair, il galvanise ses troupes contre «ces putschistes»