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Avant le Mondial, le Brésil lutte contre l'exploitation sexuelle des mineurs

600.000 touristes sont attendus au Brésil dès le mois de juin pour la Coupe du Monde de football. Un afflux de supporters qui inquiète les autorités. A tel point que le gouvernement de Dilma Rousseff a lancé une vaste campagne contre le tourisme «sexuel» qui empoisonne son pays. Au Brésil, il n'a pas fallu attendre le Mondial pour voir l'exploitation sexuelle des mineurs augmenter.
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France Télévisions
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 (AFP/Vanderlei Almeida)
Ce n'est pas la première fois qu'un amalgame est fait entre le sexe et la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Déjà en février, Adidas, un des sponsors officiel de la compétition, a créé un tollé en éditant des maillots aux logos jugés trop sexistes et incitant au tourisme sexuel. Les maillots ont d'ailleurs été retirés de la vente après la vague de mécontentement suscitée notamment par l'indignation de la ministre brésilienne des Politiques pour les femmes, Eleonora Menicucci. Elle a déclaré: «Il est inadmissible qu'une multinationale comme Adidas vende des maillots avec des images et des phrases qui lient le Brésil au tourisme sexuel. Elle manque de respect à notre pays et l'agresse en reproduisant un imaginaire que nous efforçons sans relâche d'enterrer définitivement», relate afrik.com.

Joueur de football au Brésil (AFP)


Dilma Rousseff s'est même fendue d'un tweet, déterminée à combattre ce fléau: «Le Brésil est heureux d'accueillir les touristes qui viennent pour la Coupe du Monde, mais également prêt à combattre le tourisme sexuel.»

Le tweet de Dilma Rousset, le 15 février 2014. (Tweeter)

Avec ses 200 millions d'habitants, le Brésil est la 6e puissance économique du monde. Malheureusement, c'est aussi un lieu de tourisme sexuel très actif qui attire nombre d'Européens et d'Américains. Selon le Forum national de prévention et d'éradication du travail infantile, 500.000 enfants et adolescents y seraient victimes du commerce sexuel.

Et avant cette fête mondiale du football, pendant laquelle le monde entier aura les yeux rivés sur le Brésil, le pays veut améliorer son image de marque.

Le ministère du Tourisme a ainsi identifié 38.865 sites et pages web (brésiliens et étrangers) qui utilisent les marques ou les symboles des différents programmes touristiques du Brésil. Au cours de leur enquête, les autorités ont découvert des pages qui ne correspondent pas aux objectifs du pays. Des pages montrant des jeunes femmes fort peu vêtues avec, en fond d'image, le drapeau brésilien.

«Le Ministère a demandé à la Police Fédérale d'enquêter sur les responsables de sites Internet qui associent le tourisme au Brésil avec l'abus sexuel de mineurs» relate americas-fr.com.

Encore plus inquiétant pour le gouvernement, la prostitution augmente sur les lieux même des grands évènements et aux abords des nouveaux stades. Pauvreté, discrimination et violence rendent sans doute attractive la prochaine venue de ces «riches étrangers» pour les familles les plus pauvres.

Après la coupe du Monde de Football, le Brésil accueillera les JO en 2016. C'est une course contre la montre qui a été engagée par les ONG et le gouvernement contre ce tourisme sexuel des mineurs.





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