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Reportage "Toutes les vitres étaient détruites, le sol complètement inondé" : après le saccage, la longue remise en état du palais présidentiel au Brésil

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Une vitre brisée de la Cour suprême brésilienne, au lendemain des incidents à Brasilia, le 8 janvier 2023. (MAURO PIMENTEL / AFP)
Il faudra de longues semaines pour que le palais présidentiel, à Brasilia, laissé à l'état de champ de bataille après l'intrusion dimanche de milliers de partisans de Jair Bolsonaro, retrouve son aspect normal. Sur place, le personnel s'affaire, épuisé et traumatisé.

L'heure, mardi 10 janvier, était à la remise en l'état : 186 personnes ont nettoyé, toute la journée durant, le palais du Planalto, le palais présidentiel de Brasilia, la capitale brésilienne, saccagé dimanche par les bolsonaristes qui y ont répandu le chaos lors des quelques heures où la démocratie brésilienne a vacillé.

>> Brésil : de la manifestation au saccage des lieux de pouvoir, retour sur quatre heures de "chaos" à Brasilia

Un travail de titan et une émotion forte pour les employés de ce palais, construit sur les plans de l'architecte Oscar Niemeyer, inscrit au patrimoine de l’Humanité et qu’il faudra cependant réparer pendant de longues semaines.

Des partisans de Bolsonaro forcent les vitres de la Cour surpême de Brasilia, le 8 janvier 2023 en utilisant des barrières de sécurité comme bélier. (TON MOLINA / AFP)

"J'ai beaucoup pleuré"


Le palais présidentiel n’est plus un champ de bataille comme les bolsonaristes l’ont laissé dimanche soir. Lundi, en fin de journée, une grande partie du nettoyage était terminée, et le personnel de ménage épuisé, autant physiquement qu'émotionnellement. Ana Carolina continuait de nettoyer frénétiquement, les yeux encore humides et l’air perdu : 

"J'ai beaucoup pleuré, j'étais très triste, déçue de voir ce vandalisme, ce terrorisme et ces bolsonaristes. C'est très triste de voir l'endroit où nous travaillons, qui a été ainsi détruit par cette bande de vandales."

Ana Carolina

à franceinfo

"J'ai été tellement blessée, poursuit Ana Carolina. J'ai beaucoup pleuré, je n’arrive pas à parler de cela, je suis trop émue. On ne doit pas baisser les bras n’est ce pas ? La démocratie doit gagner, ce Brésil est pour tout le monde, n’est ce pas ?"

Dans les étages supérieurs, l’équipe de Maria Da Conceiçao a rassemblé à la pelle un amas de déchets : "Du verre de la pierre, des déchets, des restes de bombe de gaz lacrymogène : tous ces trucs..., décrit-elle. C'était vraiment triste."

Des ouvriers s'affairent pour réparer une vitre du palais présidentiel, à Brasilia, le 9 janvier 2023. (MAURO PIMENTEL / AFP)

"L'entrée était totalement détruite"

Joao, qui fait partie de la sécurité, a été un des premiers à se rendre sur les lieux. Lui aussi a du mal à raconter ce qu’il a vu. "Toutes les vitres étaient détruites, le sol était complètement inondé, soupire-t-il. Les portraits de la galerie des anciens présidents étaient toutes par terre, à l'exception de celle de Bolsonaro, que quelqu'un a prise comme un prix. L’entrée était complètement détruite, les ordinateurs avaient été volés et ceux qui étaient encore là, étaient tous jetés par terre, cassés. Voilà en gros l’ambiance d’hier soir quand je suis arrivé."

En face du Planalto, la Cour suprême n’a pas pu être nettoyée : sur le sol gisent encore les drapeaux du Brésil portés par les manifestants qui ont détruit en quelques heures le patrimoine de leur pays. 

Le long travail de remise en état des institutions brésiliennes : le reportage d'Anne Vigna pour franceinfo

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