Black Panthers : rencontre avec un des "trois d'Angola"

La prison d'Angola, en Louisiane, tire son nom d'une ancienne plantation où les esclaves étaient originaires d'Angola en Afrique. Les "trois d'Angola" sont trois Afro-américains qui ont été emprisonnés dans cette prison il y a quarante ans, pour des délits de droit commun. Ils ont passé à eux trois plus d'un siècle à l'isolement le plus strict. Un seul a été libéré. Robert King est de passage à Paris pour la promotion d'un documentaire sur son histoire. France Info l'a rencontré.

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A 70 ans, Robert King a troqué son béret noir des Black Panthers pour une
simple casquette vissée sur la tête. Mais sa rage reste la même. Incarcéré pour un vol à main armé dans
les années 70, il milite en prison pour les droits des Afro-américains, dénonce  le viol commis par des gardiens et se voit accuser du meurtre d'un co-détenu.

"Ma conscience politique m'a empêché de sombrer"

Un autre
prisonnier a beau avouer le crime, Robert King passe 29 années derrière les
barreaux, confiné dans sa cellule 23h par jour. "Je gardais espoir quand j'étais en prison mais je savais aussi que je pouvais mourir derrière les barreaux. Je pense que c'est ma conscience politique qui m'a empêché de sombrer ", explique-t-il.

Un documentaire sur son histoire

Reconnu par la
justice probablement innocent et libéré en 2001, Robert King raconte son
histoire dans un documentaire intitulé In the land of the free . Le réalisateur britannique Vadim Jean y évoque aussi le
sort d'autres militants des Black Panthers, Albert Woodfox et Herman Wallace,
toujours incarcérés. Ils en sont à plus de 40 années
d'isolement. 

Selon l'ONG Amnesty international, qui diffuse le
documentaire dans ses antennes régionales en France, 80.000 détenus sont actuellemnt placés à l'isolement aux Etats-Unis. Un
traitement cruel et inhumain selon Amnesty et Robert King. Ils ont remis jeudi une pétition de 50.000 signatures à l'ambassade des Etats-Unis à Paris.