Birmanie : l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi jugée pour "incitation aux troubles publics"

De nombreux observateurs dénoncent un procès politique dans le but de neutraliser la gagnante des élections de 2015 et de 2020. 

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France Télévisions
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Aung San Suu Kyi lors d'un festival à Rangoun, en Birmanie, le 1er février 2020. (SAI AUNG MAIN / AFP)

L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est jugée, à partir du mardi 21 septembre, pour "incitation aux troubles publics", a annoncé à l'AFP l'un de ses avocats. Présente à l'audience qui se tient dans un tribunal spécialement mis en place dans la capitale, Naypyidaw, elle a plaidé "non coupable" de cette infraction, a-t-il précisé.

Renversée par l'armée en février, Aung San Suu Kyi est déjà jugée depuis plusieurs mois pour violation des restrictions sanitaires liées au Covid-19, importation illégale de talkies-walkies et sédition. Le procès avait été ajourné pendant deux mois en raison d'une flambée de l'épidémie et a repris mi-septembre. A partir du 1er octobre, l'ex-dirigeante comparaîtra également pour "corruption". Elle est aussi inculpée pour avoir violé une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale, mais cette affaire n'a pas encore été portée devant le tribunal. La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 encourt de longues années de prison si elle est reconnue coupable.

De nombreux observateurs dénoncent un procès politique dans le but de neutraliser la gagnante des élections de 2015 et de 2020. Le putsch militaire du 1er février a mis fin à une brève parenthèse démocratique d'une décennie. Depuis, les militaires mènent une répression sanglante contre leurs opposants avec plus de 1 100 civils tués et quelque 6 600 en détention, selon une ONG locale, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures, de viols et d'exécutions extra-judiciaires.

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