Barkhane : "Impossible d'éradiquer à 100% la menace terroriste" au Sahel

Après la mort de trois soldats français dans le nord du Mali, le général Jean-François Lafont-Rapnouil, qui commande la force antiterroriste Barkhane dans le pays, revient sur une menace terroriste qu'il s'agit de "limiter" puisqu'elle est "impossible à éradiquer" totalement. Mais "les terroristes "ne sont plus en mesure de mener des actions de force."

(Le général Jean-François Lafont-Rapnouil commande la force antiterroriste Barkhane © David Baché)

Cela fait trois ans que la force Barkhane est déployée dans le Sahel. Elle compte 3500 soldats français. La menace, elle,  est toujours bien présente avec des attaques régulières comme en début de semaine. Trois soldats français sont morts, dans l’explosion de leur véhicule blindé sur une mine dans le nord du pays. "Ce mode d’action est une démarche du faible au fort. Les groupes armés terroristes ne sont plus en mesure de mener des actions de forces", constate le général Lafont-Rapnouil. Selon lui, il s’agit d’"actions désespérées"  avec très peu d’hommes, souvent jeunes, "très peu informés, et recrutés sur le tard" comme lors de l’attaque de l’hôtel à Bamako, le 21 mars. Un voire deux hommes armés avaient forcé le barrage de l'hôtel qui abritait des militaires instructeurs. "Certes il ne faut pas minimiser le bilan, mais vous imaginez bien que sur une immensité comme celle de la bande sahélo-saharienne, il est très difficile de pouvoir empêcher ce genre d’événement. Je pense qu’on arrive à bien les limiter, on ne pourra pas l’éradiquer".  La lutte contre le terrorisme dans cette région  "ne vise pas à éradiquer à 100% cette menace terroriste, c’est quasiment impossible, mais bien de maintenir une pression suffisante pour les empêcher de mener des actions de force."

"On ne pourra pas l'éradiquer", le commandant de la force Barkhane sur la menace terroriste au Mali avec David Baché
--'--
--'--
La force Barkhane doit donc s’adapter à ces nouveaux modes d’actions qui privilégient l’explosion de mines. "Nous développons énormément de modes d’action pour lutter contre cette menace. La première : la mise en place de véhicules blindés sophistiqués. Ensuite, la reconnaissance des points jugés dangereux. Et puis derrière, on a des moyens sophistiqués de recherche pour identifier la façon dont ces engins explosifs ont été confectionnés, identifier ceux qui les ont mis en place ", explique le général Lafont-Rapnouil tout en rappelant qu’aujourd’hui les terroristes "ont énormément de mal à reconstituer des sanctuaires".  Il estime le nombre de terroriste dans la région à 200 hommes, "mais ça reste difficile à déterminer".

La force Barkhane n'a "pas vocation à rester"

Enfin, concernant la présence de la force Barkhane dans la région, pas de précision sur une date de départ. Mais "elle n’ a pas vocation à durer parce que ce serait un constat d’échec, dit-il. En revanche tant que la situation n’est pas stabilisée, et tant que les pays concernés ne sont pas en capacité de prendre la responsabilité de la sécurisation globale de leur pays à leur charge, bien sûr on sera à leur côté comme on l’a fait depuis trois ans."