Barack Obama condamne la violence du gouvernement égyptien

Intervenant sur la situation en Egypte, Barak Obama a fortement condamné la violence en Egypte et les mesures prises par le gouvernement intérimaire. Le président américain a demandé la levée de l'état d'urgence et le début d'un processus de réconciliation nationale, avant d'annoncer que les Etats-Unis allaient annuler les manoeuvres militaires prévues avec Le Caire. 

(Reuters)

Dans un discours prononcé de son lieu de vacances, dans le Massachusetts, le président américain Barack Obama est revenu sur le bain de sang égyptien (plus de 525 morts, hier).

> La retranscription de l'allocution de Barack Obama (en anglais)

S'il a condamné les violences, il a insisté sur l'importance, pour les Egyptiens, de déterminer leur propre avenir. Le président américain s'est également adressé au peuple égyptien en affirmant que le cycle de la violence devait cesser.

"Nous demandons aux manifestants de manifester pacifiquement. Nous voulons que le processus de réconciliation nationale se mette en place et que les droits des femmes et des minorités soient respectées ", a-t-il exprimé. Il a poursuivi en affirmant que la répression en Egypte était engagée selon lui "sur un chemin dangereux ".

Annulation des manoeuvres communes

Autre information : le président américain  a annoncé ce matin l'annulation des exercices militaires communs le mois prochain. Il faisait allusion à l'exercice "Bright Star ", qui se déroule tous les deux ans entre l'Egypte et les Etats-Unis depuis 1981 et rassemble plusieurs milliers d'hommes pour plusieurs semaines de manoeuvres. Il devait avoir lieu en septembre. 

Toutefois, cela ne signifie pas que l'armée américaine coupera les ponts avec l'armée égyptienne : ce serait remettre en cause des liens de longue date entre Washington et Le Caire, que Barack Obama a souhaité mettre en avant au tout début de son allocution. L'aide militaire donnée par les Etats-Unis à l'Egypte, qui représente 1,3 milliard de dollars par an, va continuer. 

"Si nous souhaitons maintenir notre relation avec l'Egypte, notre coopération habituelle ne peut pas continuer comme si de rien n'était lorsque des civils sont tués dans les rues et que les droits régressent" (Barack Obama)

Mais le président américain a ajouté que l'Amérique ne pouvait pas décider de
l'avenir de l'Egypte. "C'est au
peuple égyptien de le faire. Les USA ne soutiennent aucune partie. Le processus
démocratique est long, les Etats-Unis ont vécu ces difficultés
également
". 

> L'ensemble des réactions internationales au bain de sang égyptien