Barack Obama a endossé jeudi la responsabilité des failles de sécurité lors de la tentative d'attentat du 25 décembre

Le président américain a endossé jeudi la responsabilité des dysfonctionnements des procédures de sécurité mises au jour lors de la tentative d'attentat du 25 décembre 2009 sur un avion de ligne américain entre Amsterdam et Detroit.

Contrairement à son habitude, Obama est apparu crispé pour évoquer le \"ratage\" des services de renseignement américains
Contrairement à son habitude, Obama est apparu crispé pour évoquer le "ratage" des services de renseignement américains (France 2)

Le président américain a endossé jeudi la responsabilité des dysfonctionnements des procédures de sécurité mises au jour lors de la tentative d'attentat du 25 décembre 2009 sur un avion de ligne américain entre Amsterdam et Detroit.

La CIA lance des réformes
Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a ordonné plusieurs changements dans ses services afin d'améliorer le suivi des terroristes présumés et d'accélérer la diffusion des informations sur leurs activités, a annoncé jeudi la CIA.

La Maison blanche a vivement critiqué les agences américaines de renseignement pour leur échec à empêcher une tentative d'attentat à bord d'un vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël.

Dans un communiqué, la CIA indique que Panetta a ordonné que les informations sur les "terroristes et extrémistes présumés" soient relayées dans un délai de 48 heures aux autres composantes du renseignement, et qu'un plus grand nombre de personnes fassent l'objet d'un suivi de l'agence.

Le président américain hausse le ton

Le président des Etats-Unis avait pointé du doigt mardi les ratés des services de renseignement. A ses yeux, la tentative d'attentat du jour de Noël contre un avion américain est la conséquence d'un "ratage" ("screw-up") qui aurait pu entraîner un désastre", a accusé Obama lors d'une réunion à huis clos à la Maison blanche avec plus d'une vingtaine de responsables.

Il s'agit pour lui de limiter les conséquences politiques de l'échec des services anti-terroristes. Les républicains ont saisi l'occasion pour critiquer la faiblesse présumée du président démocrate et de son administration sur les questions de sécurité. Un thème qu'ils avaient déjà tenté d'exploiter lors de la présidentielle de 2008 et qu'ils espèrent placer au centre de la campagne avant les élections de mi-mandat de novembre prochain.

Le président des Etats-Unis a promis des changements notamment dans la mise à jour de la liste de surveillance des terroristes potentiels ou jugés comme tels. Il a indiqué qu'un premier rapport sur l'incident avait permis de montrer qu'il existait suffisamment d'informations pour interdire l'accès de l'avion à l'auteur de la tentative d'attentat.

"On n'a pas su rassembler les informations", a-t-il dit. "Je veux que les rapports supplémentaires soient terminés cette semaine. Je veux des recommandations précises en vue de mesures de correction pour régler ce qui a mal marché. Je veux que ces réformes soient mises en oeuvre immédiatement afin que cela ne se reproduise plus et qu'ainsi nous puissions prévenir d'autres attentats", a-t-il déclaré. "Nous devons faire mieux et nous ferons mieux", a conclu le président américain.

Il avait déjà dénoncé la semaine dernière des failles dans le système de sécurité américain. Selon lui, ces failles ont permis à Umar Farouk Abdulmutallab, un jeune Nigérian de 23 ans, qui a tenté de faire exploser l'avion de la Northwest Airlines d'embarquer. Son père avait pourtant alerté les services américains de la radicalisation de son fils plusieurs semaines avant la tentative d'attentat.

La concertation et le partage des informations entre les 16 agences américaines impliquées dans des activités de renseignement sont critiques pour déjouer des attentats. C'est ce qu'avaient montré les enquêtes sur les attentats du 11 septembre 2001, qui ont abouti à la création d'un poste de directeur du renseignement national chargé de la coordination entre les différentes entités.

Par ailleurs, Barack Obama s'est de nouveau engagé à fermer la prison de Guantanamo, même si les transferts de prisonniers yéménites vers le Yémen sont suspendus pour l'instant.

Le suspect livre des informations "utiles"

Grièvement brûlé et arrêté après sa tentative, le suspect Umar Farouk Abdulmutallab a fourni des informations "utiles et exploitables" aux policiers du FBI qui l'interrogent, a-t-on appris de la Maison Blanche mardi.

De son côté, le parquet néerlandais a estimé que le suspect était déjà en possession des explosifs avant d'arriver à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol par lequel il a transité, ce qui signifierait qu'il a réussi à franchir les contrôles de sécurité d'au moins deux aéroports avec sa bombe artisanale.

Depuis dimanche, les autorités américaines ont passé en revue des listes de milliers de noms de personnes surveillées ou interdites de vol, tandis que des contrôles renforcés des passagers embarquant pour les Etats-Unis ont été mis en place à travers le monde.

Washington a décidé d'imposer des contrôles accrus pour les passagers originaires ou en provenance de 14 pays considérés comme sensibles.

Le Nigéria a annoncé mardi qu'il allait demander à être retiré de cette liste, car "un simple incident impliquant un Nigérian ne peut pas faire de tous les Nigérians des criminels", selon le ministre de la Justice du pays, Michael Aondoaaka.