Au moins trois morts après plusieurs explosions à l'arrivée du marathon de Boston

Deux explosions, décrites comme très fortes, ont eu lieu à proximité de la ligne d'arrivée du marathon de Boston lundi soir. Plusieurs milliers de personnes se trouvaient à proximité. Le bilan officiel, très provisoire, fait état de trois morts, au moins, et plus d'une centaine de blessés, mais les médias évoquent jusqu'à 140 blessés. Les autorités parlent d'engins explosifs, la Maison blanche d'"acte terroriste".

(Charles Krupa AP/SIPA)

14h50 et quelques secondes, heure américaine, lundi. Les images sur la ligne d'arrivée du marathon de Boston, le plus vieux du monde, une véritable institution qui dure depuis 117 ans, et auquel participaient quelque 26.000 personnes cette année, sont celles d'un véritable chaos. Au milieu des pompiers et policiers qui s'affairent, des dizaines de blessés, dont le corps parfois mutilé témoigne de la violence des explosions.

Selon la police, et les nombreux témoins sur place, au moins deux explosions auraient retenti, au moment du passage de la ligne d'arrivée par plusieurs milliers de coureurs, plus de quatre heures après le début de la course lundi matin. Un incendie s'est également déclaré à la bibliothèque JFK, sans que les autorités ne fassent pour l'instant le lien avec les explosions.

Pour l'instant, le bilan reste très délicat à établir. La police de Boston a livré un premier bilan officiel, faisant état de trois morts et au plus de 100 blessés . Les médias, comme CNN ou le Boston Globe , parlent eux de 120 à 140  blessés, dont plus d'une douzaine dans un état jugé critique . Parmi les deux personnes tuées figurerait un enfant de huit ans, selon CNN et NBC News. Le quartier entier a été bouclé par les forces de l'ordre dès le milieu de l'après-midi.

Les autorités restent prudentes

Difficile pour l'instant de connaître précisément les causes de ces explosions. Selon plusieurs sources au sein des forces de l'ordre, elles seraient dues à une ou plusieurs bombes, mais le mot n'a pas été prononcé officiellement . Les deux explosions se sont produites "simultanément" selon la police de Boston, à environ 50 ou 100 mètres de distance. Certains médias américains évoquent même la présence de deux engins explosifs supplémentaires, qui auraient été désamorcés avant d'exploser.

Les forces de l'ordre appellent les habitants à rester chez eux, et cherchent à obtenir les vidéos tournées par les anonymes sur la ligne d'arrivée, dans le cadre de leur enquête. Le réseau cellulaire a été coupé en ville dans la soirée, pour éviter le déclenchement de bombes à distance.

La police a précisé n'avoir eu à traiter aucune menace particulière avant les événements de la journée de lundi. Mais la Maison blanche, via un responsable, n'a pas hésité à employer le terme d'"acte terroriste" . Le FBI, qui a pris la main sur l'enquête, dit travailler sur une "potentielle enquête de terrorisme" . Mais pour l'instant, aucun suspect n'a été arrêté.

Deux lignes téléphoniques, et un site Internet dédié, ont été mis en place par les autorités. À signaler aussi, la mise en ligne par Google d'un [Person Finder ](http://google.org/personfinder/2013-boston-explosions/) , permettant de rechercher des proches à Boston, ou de venir en aide de quelque manière que ce soit.

Renforcement de la sécurité

En réaction à cet événement, la police new-yorkaise a annoncé le renforcement de la sécurité à Manhattan, dans des lieux sensibles. C'est le cas également à Washington, et même partout à travers les États-Unis. Lors d'une brève allocution télévisée vers 0h15, heure française, le président américain Barack Obama a appelé à ne pas faire de "conclusions hâtives"  - "Nous ne savons toujours pas qui a commis ces actes, ni pourquoi" tout en assurant que "le responsable serait traduit en justice" .

("Lors de jours comme celui-là, il n'y a pas de Républicains ou Démocrates - Nous sommes des Américains, unis au service de nos concitoyens")

En France aussi, la catastrophe a eu des répercussions. Par communiqué, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé lundi soir le renforcement des patrouilles , appelant "l'ensemble des citoyens à faire preuve de vigilance quant à la présence éventuelle de colis suspects ou de bagages abandonnés, sans céder à l'esprit de panique" . François Hollande a également réagi, présentant "ses condoléances aux familles des victimes".

Ce lundi 15 avril n'était pas un jour ordinaire pour les Bostoniens : chaque troisième lundi du mois d'avril, les habitants du Massachussets célèbrent les batailles de Lexington et Concord, les deux premières de la Guerre d'Indépendance américaine en 1775.