Au moins 102 personnes ont été tuées vendredi au coeur d'un marché à Yakaghund dans le nord-ouest du Pakistan

Le kamikaze qui a fait exploser sa bombe devant des bâtiments gouvernementaux et des échoppes a été revendiquée par le Mouvement des talibans du Pakistan (TPP), groupe allié à Al-Qaïda.Elle visait des chefs tribaux pro-gouvernementaux réunis pour discuter de la mise en place d'une milice contre les talibans, a indiqué un porte-parole du TTP.

L\'attentat a touché Yakaghund, village du district tribal de Mohmand.
L'attentat a touché Yakaghund, village du district tribal de Mohmand. (AFP - A Majeed)

Le kamikaze qui a fait exploser sa bombe devant des bâtiments gouvernementaux et des échoppes a été revendiquée par le Mouvement des talibans du Pakistan (TPP), groupe allié à Al-Qaïda.

Elle visait des chefs tribaux pro-gouvernementaux réunis pour discuter de la mise en place d'une milice contre les talibans, a indiqué un porte-parole du TTP.

Yakaghund était samedi matin sous le choc. Alors que les cadavres enveloppés de blanc étaient regroupés sur un terrain pour les prières de funérailles, plus d'un millier de personnes étaient rassemblées dans le cimetière voisin, où les employés creusaient de nouvelles tombes.

"Le bilan est monté à 102 morts" après que des cadavres ont été extraits des débris et que des blessés ont succombé pendant la nuit à l'hôpital, a déclaré à l'AFP le chef de l'administration locale, Rasool Khan, en craignant qu'il ne s'alourdisse encore, les habitants continuant à fouiller les débris.

Un autre responsable local, Mairaj Mohammad, a confirmé ce bilan et précisé que 98 blessés étaient toujours soignés dans plusieurs hôpitaux.

Fief des talibans

Le village de Yakaghund fait partie de Mohmand, l'un des sept districts tribaux pakistanais semi-autonomes, frontaliers de l'Afghanistan, où l'autorité gouvernementale reste très limitée.

Fiefs du TTP, ces zones tribales sont considérées comme le principal sanctuaire d'Al-Qaïda dans le monde et la base arrière des talibans afghans.

Le TTP qui a fait allégeance à Al-Qaïda dès sa création en décembre 2007, est, avec des groupes qui lui sont liés, le principal responsable d'une vague de quelque 400 attentats, suicide pour la plupart, qui ont fait près de 3.500 morts dans tout le pays ces trois dernières années.