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Vidéo "Cash Investigation". Bangladesh : certains emplois dans le coton ressemblent à du travail forcé

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Durée de la vidéo : 2 min.
VIDEO. "Cash Investigation". Bangladesh : certains emplois dans le coton ressemblent à du travail forcé
CASH INVESTIGATION / FRANCE 2
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France Télévisions

Dans une usine textile du Bangladesh, les ouvrières du coton travaillent six jours sur sept, sans pause, toute l’année, pour un salaire qui leur permet à peine de survivre. Rumana, 38 ans, témoigne… Extrait du magazine "Cash Investigation" diffusé mardi 28 novembre 2017 sur France 2.

Rumana Khatun, 38 ans, a accepté de parler au magazine "Cash Investigation" (Facebook, Twitter, #@cashinvestigati). Elle n’a rien à perdre : elle veut quitter l’usine Reedisha, au Bangladesh, qui l’emploie depuis un an au poste "bobines de fil". Comme beaucoup d’autres collègues, cette ouvrière est déjà à bout.

"Il y a des femmes qui partent au bout d’un mois, d’autres après deux mois ou six mois, parce que c’est très fatigant et sous-payé. Pas mal de femmes s’en vont avant même d’avoir eu leur salaire", explique-t-elle. Rumana survit avec 50 euros par mois, soit 10 de moins que le minimum légal du pays dans le secteur textile.

"C’est comme une prison"

Pour un tel salaire, cette ouvrière travaille six jours sur sept, le jour ou la nuit, sans pause, toute l’année… Elle tient à montrer une carte sur laquelle les surveillants notent les absences et les "écarts de conduite" : "On nous coupe le salaire si on fait des bêtises, comme une dispute avec des collègues. Si les responsables nous voient les yeux fermés quand on travaille la nuit, ils nous prennent en photo et ils la montrent au supérieur. Dans ces cas-là, ils ne nous paient pas et peuvent nous prendre une journée de salaire."

Rumana affirme que la plupart des ouvrières vivent dans des résidences construites dans l’usine. Pour ces femmes, Reedisha ressemble à une prison : "Elles doivent rester dans leur chambre. Bien sûr, elles peuvent aller se doucher, manger dans la cuisine et rester couchées. Mais oui, elles sont enfermées. C’est comme une prison. Pour sortir, il faut une autorisation écrite de la sécurité. Elles n’ont plus le droit de rentrer si elles ne reviennent pas à l’heure indiquée." Au regard des conventions internationales, cela s’apparente au travail forcé…

"Coton : l’envers de nos tee-shirts", une enquête de Sandrine Rigaud diffusée mardi 28 novembre 2017 sur France 2.

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