Nouvelle souche de grippe aviaire : doit-on s'inquiéter ?

La souche H7N9, qui ne se transmettait pas à l'homme, a fait six morts en Chine. Shanghai a annoncé aujourd'hui la fermeture de ses marchés aux volailles. 

Des poulets à vendre sur un marché de Kunming City, dans la province du Yunnan (Chine), le 3 avril 2013.
Des poulets à vendre sur un marché de Kunming City, dans la province du Yunnan (Chine), le 3 avril 2013. (YANG ZHENG / IMAGECHINA / AFP)

Une nouvelle souche de grippe aviaire, H7N9, inquiète les autorités sanitaires chinoises et internationales. Elle a fait un nouveau mort en Chine vendredi 5 avril. La victime était un agriculteur de 64 ans de la province du Zhejiang, dans l'est du pays, où les autorités effectuent des abattages localisés de volailles.

La souche H7N9 ne s'était jusque-là pas transmise à l'homme, contrairement au virus H5N1. Mais elle a récemment infecté au moins 14 personnes dans l'est de la Chine, faisant six morts au total. Elle provoque notamment une infection pulmonaire sévère et est prise au sérieux par les autorités chinoises et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).   

Premières mesures en Chine et au Vietnam

Le ministère chinois de la Santé a indiqué, jeudi, que toutes les ressources disponibles vont être mises à contribution pour lutter contre la nouvelle souche du virus de la grippe aviaire. Les autorités sanitaires de Shanghai ont demandé aux hôpitaux de surveiller particulièrement les patients souffrant d'affections respiratoires, signale le Shanghai Daily. La capitale a également annoncé, vendredi, la fermeture de ses marchés aux volailles. 

Dans les aéroports japonais, des affiches invitent par ailleurs les voyageurs en provenance de Chine à se signaler s'ils pensent être porteurs de la maladie. L'alerte en vigueur à Hong Kong prévoit enfin une surveillance accrue des élevages, des campagnes de vaccination et d'abattage, ainsi qu'un gel des importations de volailles vivantes en provenance du continent. Toutes les importations de volailles ont par ailleurs été interdites au Vietnam.

Les Américains planchent déjà sur un vaccin

Les autorités sanitaires américaines ont, pour leur part, indiqué qu'elles suivaient de près la situation. Les centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), "assez inquiets" selon le New York Times (en anglais), travaillent déjà sur le développement d'un échantillon de vaccin, qui pour le moment n'existe pas pour la souche H7N9. Son élaboration devrait prendre au moins un mois avant d'être testée.

Les Américains tentent également de déterminer si les tests existants pour diagnostiquer cette grippe aviaire doivent être modifiés ou si de nouveaux doivent être mis au point. 

L'OMS relativise et écarte le risque de pandémie

"Beaucoup d'inconnues demeurent, nous devons enquêter sur l'étendue de cette crise, la source de l'infection et le mode de transmission". Sur son site internet (en anglais), l'OMS répond aux questions sur le H7N9 et se montre préoccupée par l'apparition des différents cas en Chine. "Nous n'en savons pas assez sur ces infections pour déterminer si le risque de propagation est important", écrit-elle, indiquant enquêter actuellement sur cette question. Elle a également souligné l'importance de trouver comment le virus concerné avait contaminé des humains. 

Elle a toutefois minimisé l'importance de ces infections, au début de la semaine. Selon l'OMS, le risque de pandémie reste en effet faible, aucune transmission d'homme à homme n'ayant été observée. Elle insiste également sur le fait que ce virus ne se propagerait pas facilement.