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Que se passe-t-il au Yémen ?

Sanaa, la capitale du pays, est le théâtre, depuis quatre jours, de violents combats. Des troubles qui ont provoqué, dimanche, la démission du Premier ministre.

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France Télévisions
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De la fumée s'élève près de la faculté de sciences et de technologie, à Sanaa (Yémen), où chiites et sunnites se livrent à des violents combats. (MOHAMMED HUWAIS / AFP)

Samedi déjà, le président de la République yéménite avait évoqué une "tentative de coup d'Etat". Dimanche 21 septembre, les rebelles chiites d'Ansaruallah ont pris le contrôle du siège du gouvernement, à Sanaa, la capitale du Yémen. Depuis plusieurs jours, la ville est le théâtre de violents affrontements entre la rébellion chiite et les islamistes sunnites du puissant parti Al-Islah, soutenus par l'armée. Le Premier ministre du pays a annoncé sa démission, dimanche. Francetv info fait le point sur la situation.

Une escalade de la violence depuis quatre jours

Depuis plus d'un mois, les rebelles qui contrôlent la région du Saada, dans le nord du pays, campent avec leurs partisans dans et autour de la capitale pour réclamer l'éviction du gouvernement, accusé de corruption. Ils veulent aussi un droit de regard sur la nomination des ministres et un accès à la mer. Les combats se sont intensifiés, jeudi, dans le secteur de l'aéroport, au nord de Sanaa, entraînant la suspension des vols des compagnies étrangères depuis vendredi. 

Samedi, de nouveaux tirs ont visé le siège de la télévision, faisant des blessés parmi les employés. L'université de Sanaa, les écoles et les marchés ont été fermés, et les commerçants ont baissé leurs rideaux. Les habitants des quartiers nord ont commencé à fuir en masse la zone des combats, tandis que le reste de la capitale ressemble de plus en plus à une ville morte.

Des dizaines de victimes

En dépit d'un couvre-feu nocturne décrété samedi par les autorités dans quatre quartiers du nord de Sanaa, les affrontements n'ont pas cessé durant la nuit. De fortes explosions secouaient encore le nord de la capitale, dimanche, et ce en dépit de l'annonce d'un accord parrainé par l'ONU pour mettre fin au conflit meurtrier.

Près de 40 personnes ont été tuées durant la seule journée de jeudi. Au moins cinq civils ont trouvé la mort samedi, alors que les pertes parmi les combattants se comptent par dizaines.

Une lutte pour le pouvoir

L'enjeu pour les rebelles est d'arracher une part du pouvoir, explique April Longley Alley, spécialiste du Yémen à l'International Crisis Group. "Les Houthis [l'autre nom des rebelles chiites] veulent être de puissants décideurs à l'échelle nationale, avec une part de pouvoir égale, voire supérieure, à celle de leurs principaux rivaux politiques d'Al-Islah. Le plafond de ce qu'ils pensent pouvoir obtenir augmente en fonction de ce qu'ils gagnent sur le terrain", a-t-elle expliqué à l'AFP. Le pouvoir semble, lui, incapable, du moins pour le moment, de contenir leur offensive. 

Les rebelles chiites avaient rejeté, en août, une proposition du président Hadi, sunnite, portant sur la nomination d'un nouveau Premier ministre et la réduction d'une augmentation controversée des prix du carburant, deux de leurs principales revendications.

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