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Economie et diplomatie, les enjeux chinois de Hollande

Le président est arrivé dans le pays pour une visite d'Etat de 37 heures, la première réservée à un dirigeant occidental depuis la nouvelle direction chinoise.

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François Hollande, lors de son arrivée à l'aéroport de Pékin (Chine), le 25 avril 2013. (MARK RALSTON / AFP)

François Hollande est arrivé en Chine pour une visite d'Etat de 37 heures, jeudi 25 avril. Deux priorités pour le président de la République : relancer les exportations françaises pour réduire un déficit commercial abyssal, et nouer une relation personnelle avec les nouvelles autorités chinoises. C'est la première visite que le président chinois réserve à un dirigeant occidental à Pékin, depuis l'arrivée de la nouvelle direction, il y a cinq semaines.

Booster les exportations 

Le chef de l'Etat compte bien relancer les exportations françaises. Avant de retrouver le numéro un chinois, Xi Jinping, il doit s'entretenir avec la soixantaine de patrons qui composent la délégation.

François Hollande, accompagné de huit ministres, doit ensuite s'envoler pour Shanghai, la capitale économique de la Chine. Le déficit commercial de la France à l'égard de la Chine est abyssal, à près de 26 milliards d'euros. Pour corriger le tir, plusieurs accords et quelques contrats pourraient être conclus lors de cette visite, dont des commandes d'Airbus A320 et de long-courriers et deux réacteurs nucléaires EPR à Taishan. Renault espère obtenir le feu vert pour construire, avec son partenaire chinois Dongfeng, une usine qui produirait 150 000 véhicules par an, à Wuhan.

France 2 - Alain de Chalvron

Renforcer la diplomatie 

Autre priorité pour François Hollande au cours de son voyage : nouer une relation personnelle avec la nouvelle direction chinoise. Le volet politique de la visite débutera par l'accueil officiel du président français par Xi Jinping, avec tout le faste d'une visite d'Etat. Celle-ci entend souligner une nouvelle fois l'étroitesse du lien qui unit les deux capitales - en dépit des aléas de la relation et des crispations autour de la question des droits de l'homme - depuis que la France du général de Gaulle a, la première parmi les grandes nations, reconnu la République populaire de Chine, le 27 janvier 1964.

Dès jeudi, les deux dirigeants se verront pendant près de cinq heures, au cours d'entretiens "restreints" et "élargis", d'une déclaration conjointe, d'interventions devant un forum économique et d'un dîner d'Etat. Il s'agit de nouer un "lien personnel" et une "relation de confiance entre eux", a expliqué une source française, précisant que la partie chinoise a tenu à ajouter à ce programme un déjeuner qui réunira les deux couples présidentiels, vendredi.

Quelle place pour les droits de l'homme ? 

Le président Hollande "abordera certainement" aussi la question des droits de l'homme, mais le fera "avec le souci de l'efficacité et sans esprit de provocation", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, mercredi. Le chef de la diplomatie française était interrogé à l'Assemblée nationale sur le non-respect par Pékin de l'autonomie du Tibet, sur les immolations de tibétains - plus d'une centaine - en signe de protestation, et sur l'emprisonnement du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo. Mais aborder cette question s'annonce plutôt compliqué pour François Hollande, notamment parce que la France, au niveau des échanges commerciaux, apparaît en position de faiblesse par rapport à la Chine

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