Cet article date de plus de quatre ans.

Chine : les bureaux de la météo interdits d'alerte pollution

Pour éviter les annonces contradictoires, les autorité veulent reprendre la main sur les dispositifs d'alerte. 

Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Des soldats chinois à Pékin (Chine), le 1er janvier 2017.  (WANG XIN / IMAGINECHINA / AFP)

En Chine, même la pollution a droit à sa dose de censure. Le gouvernement chinois a en effet interdit aux bureaux locaux de la météo d'émettre des alertes à la pollution de l'air, a rapporté le site d'information The Paper, mercredi 18 janvier. Il s'agit d'une mesure officiellement destinée à éviter les annonces contradictoires, mais qui génère forcément des soupçons.

Les villes de Chine sont en effet régulièrement frappées par un brouillard grisâtre chargé de particules fines, très dangereuses pour la santé. Mais la récurrence du phénomène, couplée à l'impression que la situation ne s'arrange pas, provoque la colère de nombreux Chinois.

Le niveau d'alerte le plus élevé (rouge) est décrété lorsqu'un épisode de pollution grave est prévu pour plus de 72 heures. Il peut déclencher la circulation alternée, l'arrêt de la production dans les usines ou la fermeture d'écoles, comme ce fut le cas en décembre 2016 où au moins dix villes et une province avaient été placées en alerte rouge

Mécanisme commun pour savoir qui donne l'alerte

L'Administration nationale météorologique a donc ordonné mardi 17 janvier à ses services locaux de "stopper immédiatement la publication d'alertes au brouillard de pollution", selon la photo d'une note interne publiée sur le site de microblogs Weibo. La mesure a été prise car "il est arrivé que les bureaux locaux de la météo et l'administration de la protection environnementale publient des informations contradictoires" sur le sujet, a déclaré un responsable de l'Administration nationale météorologique au site internet d'information The Paper.

Ce problème était notamment survenu durant une vague de pollution à Pékin aux alentours de Noël 2015. Les deux services avaient émis des alertes de niveaux différents. Un mécanisme commun sera désormais mis en place afin de déterminer quel service décrétera chaque alerte, a indiqué le responsable, cité par le site d'information.

Une annonce accueillie avec scepticisme par beaucoup d'internautes, suspicieux vis-à-vis des mesures officielles de pollution. "Avant, ils nous trompaient séparément. Désormais, ils nous tromperont ensemble", ironise un utilisateur de Weibo. "Même s'ils travaillent sur un système unifié d'alerte, pourquoi stopper celui qui existe?", s'interroge un autre.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.