La Nouvelle-Zélande va interdire les mariages forcés et leurs lots de violences

Le pays a le pire taux de maltraitances conjugales de l’OCDE. Face à cette situation, le Premier ministre néo-zélandais, John Key, a annoncé un plan d’action pour la protection des femmes.

En Nouvelle-Zélande, les femmes sont particulièrement touchées par les violences conjugales.
En Nouvelle-Zélande, les femmes sont particulièrement touchées par les violences conjugales. (DR/Capture d'écran Youtube)

Une Néo-Zélandaise sur trois dit avoir subi une maltraitance sexuelle ou physique dans sa vie. En 2015, la police a dû traiter 110.000 cas de violences au sein de la famille. Un chiffre énorme pour cet archipel peuplé de 4,6 millions d’habitants. En comparaison, en France, 216.000 femmes sont victimes de violences chaque année… pour une population 14 fois supérieure !
 
Le gouvernement du pays s’est donc résolu à prendre des mesures, en présentant 50 changements au Domestic Violence Act
 
D’autres annonces vont être faites. «L’étranglement n’entraînant pas la mort» deviendra une circonstance aggravante, tout comme «la maltraitance envers un membre de la famille». Les peines seront aussi alourdies et celles relatives aux violences familiales, inscrites dans le casier judiciaire.
 
Des mesures rendues nécessaires dans ce pays où il est estimé que 80% des cas de maltraitances envers les femmes ne sont pas déclarées, soit 440.000 personnes touchées.
«Vous méritez et avez droit à une vie sans avoir peur, et vos enfants méritent et le droit à cela aussi. L'aide est disponible.»
 
Mariages forcés et arrangés
La principale des mesures annoncée par le gouvernement de John Key est la criminalisation des mariages forcés, auparavant considérés comme de simples délits. Pour autant, connaître le nombre exact de ces unions est très difficile, et aucun chiffre officiel n’existe. Un article du New Zealand Herald affirme qu’entre 2000 et 2010, 800 filles mineures se sont mariées, dont un nombre significatif de mariages contraints.
 
Mais une fois de plus, impossible d’avancer une estimation précise. Car il est possible de se marier à partir de 16 ans dans le pays (en France, c’est à partir de 18 ans).
 
Shasha Ali, la coordinatrice auprès de l’association Shakti qui soutient les femmes réfugiées d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient, citée par le quotidien, déplore que ce sont souvent des femmes mineures et issues de l’immigration qui sont touchées par le phénomène. «En Nouvelle-Zélande, ils (les cas de violences) sont dissimulés par les membres de la famille dans les communautés.»
 
La frontière avec le mariage arrangé est ténue. Selon le ministre de l’Immigration, 400 visas sont donnés chaque année à des femmes pour qu’elles puissent entrer dans le pays et y faire un mariage arrangé. Un phénomène qui a même sa série télévisée.