La fusée nord-coréenne décolle et se désintègre

Les Etats-Unis ont dénoncé une "provocation". Ils estiment qu'il s'agit d'un test de missile balistique.

La fusée nord-coréenne sur son pas de tir, le 8 avril 2012 à Tongchang-ri (Corée du Nord).
La fusée nord-coréenne sur son pas de tir, le 8 avril 2012 à Tongchang-ri (Corée du Nord). (PEDRO UGARTE / AFP)

La fusée nord-coréenne s'est élevée dans le ciel asiatique à 0h38 (heure de Paris), a volé une à deux minutes et s'est désintégrée, vendredi 13 avril. Les débris ont fini au fond de la mer Jaune. Cet échec n'en déclenche pas moins l'ire de la communauté internationale. Plusieurs pays y voient un test déguisé de missile balistique. Les Etats-Unis, notamment, ont dénoncé une "provocation".

"La République populaire démocratique de Corée a lancé son satellite Kwangmyongsong-3 (...) à 7 heures 38 minutes et 55 secondes vendredi. Le satellite d'observation terrestre n'a pas réussi à entrer en orbite", a reconnu l'agence de presse officielle KCNA, après un silence de plus de quatre heures. "Les scientifiques, les techniciens et les experts sont en train d'étudier les raisons de cet échec."

Un missile balistique à longue portée

Peu après le lancement, les Etats-Unis, ainsi que leurs alliés sud-coréens et japonais, ont annoncé que la fusée s'était désintégrée en vol peu après son décollage. Elle est partie du Centre spatial de Tongchang-ri (nord-ouest), situé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière chinoise. C'est la troisième tentative ratée de mise en orbite d'un satellite par la Corée du Nord, après deux échecs en 1998 et en 2009.

Si la Corée du Nord présente l'engin comme une fusée devant mettre en orbite un satellite, les Américains assurent que c'est un Taepodong-2, un missile balistique à longue portée que le pays tente de mettre au point. Il a déjà été testé en juillet 2006 et en avril 2009 et inquiète plusieurs pays.

"La Corée du Nord ne fait que s'isoler davantage en se lançant dans des actes de provocation, et gaspille son argent en armes et en propagande pendant que les Nord-Coréens ont de plus en plus faim", a réagi le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. Les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon estiment que ce tir défie la communauté internationale.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU

Principale alliée de la Corée du Nord, la Chine est restée pour l'instant muette. Le club des pays riches du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Russie) a dénoncé l'action de Pyongyang et appelé à une réponse "appropriée" de l'ONU. Un diplomate des Nations unies a indiqué que les quinze membres du Conseil de sécurité se réuniraient en urgence vendredi "pour décider des prochaines étapes" à envisager. La résolution 1874 du Conseil de sécurité, adoptée en 2009, interdit à la Corée du Nord de procéder à des essais nucléaires ou balistiques.

Dans son testament, le défunt président Kim Jong-il, père du dirigeant Kim Jong-un, appelait à développer armes nucléaires, biologiques et missiles balistiques.