L'ex-directeur de Fukushima souffre d'un cancer

La compagnie japonaise Tepco affirme cependant que le cancer de l'oesophage contracté par son employé n'est pas lié aux radiations reçues à Fukushima.

Masao Yoshida, alors directeur de la centrale de Fukushima, avec les inspecteurs de l\'Agence internationale de l\'énergie atomique à Fukushima Dai-ichi le 27 mai 2011.
Masao Yoshida, alors directeur de la centrale de Fukushima, avec les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Fukushima Dai-ichi le 27 mai 2011. (HO / TEPCO / AFP)

Les problèmes de santé de l'ex-directeur de la centrale de Fukushima posent question. Masao Yoshida, qui a quitté ses fonctions récemment pour raisons de santé, est atteint d'un cancer de l'œsophage, a révélé la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) vendredi 9 décembre. L'entreprise affirme cependant que sa maladie n'est pas liée aux radiations auxquelles il a été exposé.

Masao Yoshida, 56 ans, est resté à Fukushima pour superviser les travaux d'assainissement de la centrale depuis l'accident du 11 mars jusqu'au 1er décembre, date à laquelle il a abandonné ses fonctions. Dans un premier temps, Tepco avait décidé de ne pas divulguer le mal dont il souffrait, pour cause de protection de la vie privée de M. Yoshida. Mais vendredi, "M. Yoshida est venu à la centrale Fukushima Daiichi et a révélé aux personnes travaillant sur le site qu'il était atteint d'un cancer de l'œsophage", a annoncé un responsable de Tepco. "Nous divulguons cette information à la demande de M. Yoshida."

Un délai trop court pour que la maladie soit liée à la catastrophe ?

En revanche, les détails sur l'état de santé de l'intéressé ainsi que sur le lieu de son hospitalisation et les traitements qu'il subit ne seront pas publiés. L'entreprise, citant des experts extérieurs, insiste sur l'absence de relation avec la radioactivité. "Il faut au minimum 5 ans, et plus généralement 10 ans, entre l'absorption des rayonnements et le déclenchement d'un cancer de l'œsophage", selon le directeur de l'Institut national de la radiologie, Makoto Akashi, lequel souligne que, dans le cas de M. Yoshida, "la probabilité d'une relation de cause à effet est extrêmement faible".

Tepco a précisé que M. Yoshida avait reçu en huit mois une dose "d'environ 70 millisieverts", inférieure à la limite annuelle exceptionnelle de 100 ou 250 millisieverts autorisée pour le personnel des centrales nucléaires en cas de crise.