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Des internautes rassemblent 140 000 euros pour un bébé trisomique abandonné par ses parents à sa mère porteuse

Un couple d'Australiens a laissé à la mère porteuse thaïlandaise qu'ils avaient engagée l'un des enfants ainsi mis au monde, atteint d'une maladie génétique.

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France Télévisions
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Gammy et sa mère porteuse Pattaramon Janbua, à l'hôpital de Chonburi, en Thaïlande, le 3 aout 2014. ( DAMIR SAGOLJ / REUTERS)

Le sort du petit Gammy a suscité un grand élan de générosité. Ce bébé atteint de la trisomie 21 et d'une malformation cardiaque, a été abandonné par un couple d'Australiens à la mère porteuse thaïlandaise qu'ils avaient engagée, racontait le Sydney Morning Herald (en anglais), vendredi 1er août. Son histoire a immédiatement soulevé un mouvement de colère, en Australie et en Thaïlande, puis dans le monde entier. Une collecte de fonds lancée sur internet pour Gammy a atteint 140 000 euros, dimanche 3 août.

Pattaramon Chanbua, 21 ans, qui vit au sud de Bangkok, aurait été engagée en 2013 par l'intermédiaire d'une agence, sans jamais rencontrer le couple, selon le grand quotidien thaïlandais Thairath. "On m'a demandé de porter l'enfant d'une famille qui ne pouvait pas en avoir", raconte la jeune femme.

Déjà mère de deux enfants de 3 et 6 ans, elle a finalement donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille. Le couple australien lui aurait laissé le petit garçon, Gammy, à cause de sa santé. "Je l'aime comme s'il était le mien, je le traite comme mes autres enfants", a déclaré la jeune maman, vendredi, dans une interview à la chaîne australienne ABC (en anglais).

La Thaïlande dépassée, l'Australie inquiète

Le reportage précise qu'elle avait accepté d'être mère porteuse en échange de plus de 10 000 euros, destinés à payer notamment l'éducation de ses enfants. Pourtant, un responsable du ministère de la Santé explique que la maternité de substitution, légale en Thaïlande, est soumise à des règles précises. "Une mère porteuse doit être une parente, avoir un lien de sang" avec les futurs parents et ne doit en théorie pas être payée. Il accuse des agences internationales de faire croire que des étrangers peuvent avoir recours à une mère porteuse thaïlandaise.

De son côté, l'Australie est "inquiète" après les articles rapportant cette histoire. "Les circonstances présumées de l'affaire soulèvent des questions légales plus larges et d'autres questions liées aux mères porteuses en Thaïlande", estime un porte-parole des Affaires étrangères alors que le premier ministre australien Tony Abbott a déploré une "histoire incroyablement triste". Le président de l'association australienne "Families through surrogacy", qui accompagne les parents faisant appel à des mères porteuses, ajoute qu'il "ne s'agit pas du premier cas observé dans la région" et que cela montre que "les couples ont besoin d'être mieux conseillés et informés", rapporte Jezebel.

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