Thaïlande : six blessés dans une violente bataille de rue à la veille des élections

Les opposants au gouvernement en place veulent empêcher la tenue des législatives anticipées, prévues dimanche 2 février.

Un opposant au gouvernement tire en direction de manifestants militant pour la tenue des élections législatives à Bangkok (Thaïlande), le 1er février 2014.
Un opposant au gouvernement tire en direction de manifestants militant pour la tenue des élections législatives à Bangkok (Thaïlande), le 1er février 2014. (NICOLAS ASFOURI / AFP)

Après trois mois de crise politique meurtrière, la situation ne se calme pas à Bangkok. Des tirs nourris et des explosions ont eu lieu samedi dans la capitale thaïlandaise, à la veille de législatives à haut risque.

Au moins six personnes, selon les secours, ont été blessées lors d'affrontements entre des partisans du gouvernement et des manifestants. Ces derniers bloquaient un bâtiment où se trouvaient des urnes destinées aux élections de dimanche que les opposants ont promis d'empêcher.

"C'est un signe très inquiétant de ce qui pourrait se passer demain, a commenté auprès de l'AFP Sunai Phasuk, de l'ONG Human Rights Watch, alors que la crise a déjà fait au moins dix morts. Les violences pourraient s'embraser très facilement."

Le fantôme de l'ancien Premier ministre

La Première ministre Yingluck Shinawatra fait face depuis trois mois à des manifestations réclamant sa tête et la fin de l'influence de son frère Thaksin, ancien chef de gouvernement renversé par un coup d'Etat militaire en 2006. Ses partisans et ses ennemis s'affrontent depuis quasiment sans relâche.

Le mouvement actuel a été provoqué par un projet avorté d'amnistie qui aurait permis le retour de Thaksin. Les manifestants, alliance hétéroclite des élites de Bangkok, d'ultra-royalistes et d'habitants du sud, veulent remplacer le gouvernement par un "conseil du peuple" non élu. Et donc empêcher coûte que coûte les élections.