Trois questions en suspens après la disparition du Boeing de Malaysia Airlines

L'avion qui transportait 239 personnes, dont 4 Français, reste introuvable lundi. Les enquêteurs explorent plusieurs pistes pour expliquer ce mystère.

Des pilotes de l\'armée indonésienne recherchent la trace du Boeing 777 de Malaysia Airlines, le 10 mars 2014.
Des pilotes de l'armée indonésienne recherchent la trace du Boeing 777 de Malaysia Airlines, le 10 mars 2014. (ATAR / AFP)

Dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 mars, un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines s'est volatilisé des écrans radars entre Kuala Lampur et Pékin. L'appareil transportait 239 personnes, dont quatre Français. Un évènement qualifié de "mystère aéronautique sans précédent" par le responsable de l'enquête.

Des dizaines de navires, d'avions et d'hélicoptères de divers pays participent désormais aux opérations de recherches, mais l'avion restait toujours introuvable lundi. Trois questions se posent autour de cette disparition. Francetv info fait le point.

Dans quelle zone se trouve l'appareil ?

Alors que la Malaisie s'attire les critiques des familles et des médias chinois, les autorités du pays ont annoncé lundi que la zone de recherches était étendue en mer de Chine méridionale de 90 km à 180 km de rayon autour du lieu où le contrôle aérien a perdu le contact. Pour l'instant, les investigations s'étaient concentrées dans une zone entre la Malaisie et le sud du Vietnam, puisque l'avion s'est évaporé des écrans radars au large du Vietnam, une heure après le décollage.

Mais comme les avions ne sont pas suivis minute par minute, l'appareil peut en réalité se trouver à des centaines de kilomètres de là, comme l'explique Roger Rousseau, secrétaire national du Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) à francetv info

Cette décision d'étendre les recherches vient après plusieurs désillusions lundi pour les enquêteurs. Selon les analyses, la nappe de carburant détectée au large de la Malaisie ne provenait pas de l'appareil. Par ailleurs, le présumé canot de sauvetage repéré au large du Vietnam s'est avéré être "une couverture moisie pour enrouleur de câble", selon le chef d'Etat major adjoint de l'armée vietnamienne.

Que s'est-il passé ?

Sur la base des données fournies par le radar, une première hypothèse a fait état d'un possible demi-tour du Boeing. Mais cette piste a été relativisée par plusieurs personnes, puisqu'un demi-tour aurait dû engendrer des alertes de la part du pilote expérimenté. Pour Roger Rousseau, le système des points de contrôle ne permet pas de savoir si l'avion a fait demi-tour ou pas. Cité par L'Express, un expert basé en Indonésie invite également à la prudence : "Ce virage indiqué par le radar, est-ce un demi-tour ou une chute ?" 

Une autre hypothèse soulevée par les enquêteurs se penche sur une désintégration de l'avion en plein vol en raison de problèmes mécaniques. Cette piste s'appuie sur l'absence de traces de l'appareil après plus de deux jours de recherches. "Le fait que nous soyons incapables de retrouver des débris jusqu'ici semble indiquer que l'avion est susceptible de s'être désintégré à environ 35 000 pieds", a indiqué une source proche de l'enquête à Reuters. Une hypothèse renforcée par l'absence de messages de détresse du pilote.

Autre élément troublant, plusieurs familles seraient parvenues à faire sonner avec succès le téléphone mobile de passagers, comme le rapporte International Business Times (en anglais). En conséquence, les familles ont demandé l'utilisation de la technologie satellite pour capter les signaux des téléphones des disparus.

La dernière hypothèse tourne autour d'un éventuel acte terroriste. La Malaisie a d'ailleurs lancé une enquête pour terrorisme. Interrogé sur l'éventualité d'un détournement ou d'une désintégration en plein vol, le patron de l'aviation civile malaisienne a noté que rien ne pouvait être exclu : "Nous étudions tous les aspects possibles de ce qui aurait pu se passer." Un autre élément suscite des questions.

Qui sont les passagers suspects ?

Les autorités malaisiennes s'intéressent aux profils de deux passagers qui voyageaient avec des passeports volés. Un Autrichien du nom de Christian Kozel et un Italien du nom de Luigi Maraldi apparaissent sur la liste des passagers, mais ces deux personnes se seraient fait voler leurs passeports en Thaïlande. Les autorités étudient les images de vidéo surveillance de l'aéroport afin de les identifier.

Enfin, un mystérieux passager chinois intrigue également les enquêteurs. Son numéro de passeport figurait dans la liste, mais il n'était pas à bord de l'avion. Le détenteur du passeport portant ce numéro habite la province du Fujian et s'y trouve toujours. Il n'a pourtant pas prévu de voyage à l'étranger et son passeport n'a pas été volé.