Disparition du vol MH370 : fin des recherches privées pour retrouver l'avion de Malaysia Airlines

Après des années de recherches officielles, l'entreprise Ocean Infinity avait pris la relève pour tenter de retrouver une trace de l'avion disparu en mars 2014. Sans succès, notamment en raison de l'absence totale d’indices en surface.

Une participante à la commémoration de la disparition du vol MH370, le 3 mars 2018 à Kuala Lumpur (Malaisie).
Une participante à la commémoration de la disparition du vol MH370, le 3 mars 2018 à Kuala Lumpur (Malaisie). (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Les recherches dans l'océan Indien pour retrouver l'avion du vol MH370, qui a mystérieusement disparu dans la nuit du 7 au 8 mars 2014 entre la Malaisie et le Vietnam, doivent s'achever mardi 29 mai. Le gouvernement malaisien l'a annoncé le 23 mai.

Depuis la disparition de l'appareil, l’espoir des familles des 239 personnes qui se trouvaient à bord de ce Boeing 777 de Malaysia Airlines s’est focalisé sur les recherches sous-marines de l’épave au large de l’Australie. Selon l’enquête officielle, c'est dans cette zone que l’avion se serait écrasé après s’être détourné de son itinéraire Kuala Lumpur-Pékin.

Quatre ans de recherche

Cette annonce ne signifie pas grand-chose. C’est exactement ce qui était prévu par l’accord entre le gouvernement malaisien et la société privée américaine Ocean Infinity, signé en janvier 2016 : un contrat de 90 jours selon lequel Ocean Infinity serait rémunérée seulement si elle retrouvait l’avion. Donc, cela n’a rien de surprenant que l'opération se termine maintenant.

Avant cet épisode, des recherches officielles menées par l’Australie et cofinancées par la Malaisie notamment, plus ou moins dans la même zone, s'étaient terminées il y a plus d'un an, en janvier 2017. Celles-ci avaient duré 1 046 jours et coûté 130 millions d’euros.

Manque d'indices en surface

Le plus gros défaut de ces recherches officielles était le manque total d’indices probant justifiant leur emplacement. Dans n’importe quel crash aérien en mer, la première étape est de trouver des débris flottants. C'est ce qu'a notamment rappelé l’ancien directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), Jean-Paul Troadec. Or, dans le cas de MH370, malgré l’énorme effort de recherches en surface, on n’avait rien retrouvé à l’époque. Pas un morceau de fuselage, pas un lambeau de siège ni de gilets de sauvetage. Et, bien sûr, pas un seul corps.

Malgré cette absence totale d’indices en surface, l’Australie et la Malaisie ont persisté à dire que cette zone était la zone du crash. Des déclarations qui se fondaient sur la base extrêmement ténue de signaux satellites passifs particulièrement opaques. Aujourd’hui, on a au moins la preuve que l'avion n'est pas tombé là où cela fut affirmé avec tant de certitudes depuis quatre ans.

Ces étranges débris de La Réunion

Certes, des débris d'avion ont été retrouvés à La Réunion - à plusieurs milliers de kilomètres de la zone du crash - comme un flaperon de Boeing 777 en juillet 2015, mais plusieurs problèmes se posent. Par exemple, ce flaperon a perdu sa plaque d'immatriculation. Une plaque rivetée pourtant. Il n'y a aucune explication satisfaisante à cette absence de plaque. De même, il n'y a aucune raison que cette partie française de l'enquête soit aussi opaque. 

On sait désormais que l’avion n’est pas là où on pensait le trouver, mais est-ce que pour autant cela clos l’affaire de façon officielle ? Il est certain que les autorités malaisiennes aimeraient en finir avec cette affaire extrêmement triste et embarrassante pour la Malaisie. Il semble pourtant difficile que la fin des recherches justifie la fin de l'enquête.

Aujourd'hui, les familles des victimes espèrent que le nouveau gouvernement malaisien se montre plus transparent que le précédent sur cette affaire. D’autant que l’actuel Premier ministre, Mahatir Mohamad, avait ouvertement émis des doutes sur cette disparition à l’époque. "Un Boeing 777, cela ne disparaît pas comme cela", avait notamment déclaré Mahatir Mohamad.

Un reportage de Florence de Changy, correspondante de Radio France à Hong-Kong, qui enquête sur cette affaire depuis quatre ans. Elle a publié Le vol MH370 n’a pas disparu (Les Arènes, 9 mars 2016).