La Malaisie annonce que le Boeing disparu s'est abîmé dans l'océan Indien

Lors d'une conférence de presse, lundi 24 mars, le chef du gouvernement a précisé qu'il n'y avait "vraisemblablement" aucun survivant.

Un officier australien survole l\'océan Indien, le 24 mars 2014, à la recherche de débris du Boeing disparu de la Malaysia Airlines.
Un officier australien survole l'océan Indien, le 24 mars 2014, à la recherche de débris du Boeing disparu de la Malaysia Airlines. (RICHARD WAINWRIGHT / AFP)

La Malaisie a levé, lundi 24 mars, une partie du mystère sur le vol MH370 en informant les familles effondrées que l'avion était tombé dans l'océan Indien, sans cependant faire la lumière sur les circonstances de sa disparition. Francetv info détaille les dernières informations.

De nouvelles données satellitaires

Une analyse de données satellitaires effectuée par la compagnie britannique Inmarsat a montré que la dernière position du vol MH370 de la compagnie malaisienne était dans l'océan Indien, à l'ouest de la ville australienne de Perth, a déclaré le Premier ministre malaisien.

"C'est un lieu isolé de tout, loin de tout site d'atterrissage possible, a-t-il expliqué. C'est de ce fait avec une grande tristesse et un profond regret que je dois vous informer que, selon ces nouvelles données, le vol MH370 a terminé sa course dans l'océan Indien."

 Des familles averties par un simple SMS

Avant l'annonce du Premier ministre malaisien, les familles des 239 personnes présentes à bord du Boeing ont été informées par un simple SMS de la Malaysia Airlines. "Selon toute vraisemblance, le vol MH370 a été perdu et (...) aucun de ses occupants n'a survécu", indique le SMS, relayé par la BBC (article en anglais). "Nous devons désormais accepter que toutes les preuves suggèrent que l'avion s'est écrasé dans le sud de l'océan Indien", ajoute le message.

 

Cris et sanglots dans un hôtel de Pékin (Chine) où les familles ont appris la mort de leurs proches.
Cris et sanglots dans un hôtel de Pékin (Chine) où les familles ont appris la mort de leurs proches. (GOH CHAI HIN / AFP)

Des sanglots et des cris témoignant d'une souffrance inconsolable ont résonné lundi soir dans un hôtel de Pékin où les familles ont appris la mort de leurs proches. Au comble de l'exaspération, un homme a adressé coups de pied et coups de poing à l'attention des journalistes présents, tandis qu'une femme était évacuée sur un brancard, le corps tremblant et les yeux gonflés de larmes.

Un scénario encore flou

Cette annonce dramatique conclut 17 jours d'angoisse pour les proches des 239 personnes présentes à bord du Boeing, dont 153 Chinois et quatre Français. Elle ne répond pour autant à aucune interrogation quant au scénario ayant précipité l'avion dans cette région, qui figure parmi les plus isolées et inhospitalières de la planète.

Le Boeing 777 qui assurait le vol MH370 entre Kuala Lumpur et Pékin s'est volatilisé peu après son décollage, le samedi 8 mars. A mi-chemin entre la Malaisie et le Vietnam, l'avion a changé de cap, vers l'ouest, à l'opposé de son plan de vol, et ses systèmes de communication ont été désactivés "de manière délibérée", selon les autorités malaisiennes. Cet élément avait conduit à envisager la thèse du détournement ou du sabotage, sans pour autant exclure des problèmes techniques. 

Les faibles signaux électroniques également détectés par Inmarsat suggèrent que l'avion a continué à voler pendant environ six heures, mais l'analyse initiale avait seulement permis de placer le signal final dans deux immenses "corridors" possibles, l'un vers le nord, l'autre vers le sud. La plupart des experts privilégiaient ce dernier couloir, estimant que l'avion n'aurait pu voler, par exemple, au-dessus de la Chine ou d'ex-républiques soviétiques sans être détecté.

Des débris identifiés à différents endroits

Plusieurs données satellite de la Chine, de l'Australie ou de la France ont identifié des débris dérivant entre la pointe sud-ouest de l'Australie et l'Antarctique. Certains éléments ont été aperçus samedi par un appareil civil, notamment ce qui ressemble à une palette en bois et des sangles.

 

Un officier australien analyse des images radar du survol de l\'océan Indien, à la recherche de débris du Boeing disparu de la Malaysia Airlines.
Un officier australien analyse des images radar du survol de l'océan Indien, à la recherche de débris du Boeing disparu de la Malaysia Airlines. (RICHARD WAINWRIGHT / AFP)

Lundi, un avion australien avait repéré deux pièces à la dérive. Croisant à proximité, un navire logistique de la marine australienne, le HMAS Success, équipé d'une grue lui permettant d'accrocher puis de remorquer des débris de taille imposante, avait été orienté afin de tenter de les récupérer. Dans la matinée, l'agence de presse Chine nouvelle avait annoncé qu'un avion chinois avait aperçu des objets - différents des éléments repérés par l'Australie - de forme carrée et de couleur blanche.

A la recherche des boîtes noires

La marine américaine a pour sa part annoncé qu'elle envoyait un "localisateur de boîtes noires"Les avions commerciaux possèdent deux boîtes noires, l'une enregistrant seconde par seconde tous les paramètres du vol, l'autre les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage.

Si, comme le suggère désormais la Malaisie, le Boeing s'est abîmé en mer le 8 mars, ses boîtes noires ne devraient en théorie émettre qu'une douzaine de jours supplémentaires.

Dans tous les cas de figure, la localisation de l'avion et sa récupération seront très compliquées, davantage sans doute que pour l'accident du vol AF447 d'Air France qui reliait Rio de Janeiro à Paris, au-dessus de l'Atlantique, en juin 2009. "Il a fallu deux ans pour retrouver l'AF447. Or nous faisons face ici à un environnement beaucoup, beaucoup plus hostile. La mer est plus grosse et le vent plus fort", note l'océanographe Charitha Pattiaratchi, de l'université d'Australie occidentale.