Boeing disparu : armée, satellites, internautes... qui participe aux recherches ?

De nombreux moyens – en mer, dans les airs, depuis l'espace et même sur internet – sont mobilisés pour retrouver l'avion de la compagnie Malaysia Airlines mystérieusement disparu.

L\'amiral vietnamien Le Minh Thanh lors d\'un point sur les recherches du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, le 12 mars 2014 sur l\'île de Phu Quoc (Vietnam). 
L'amiral vietnamien Le Minh Thanh lors d'un point sur les recherches du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, le 12 mars 2014 sur l'île de Phu Quoc (Vietnam).  (LE QUANG NHAT / AFP)

Les recherches du Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparu se sont poursuivies, mercredi 12 mars, pour le cinquième jour consécutif, sans résultat. La Malaisie s'est défendue de diffuser des informations confuses et contradictoires et a étendu la zone de recherches. "Nous ne perdrons jamais l'espoir" de déterminer ce qu'il est advenu du vol MH370 entre Kuala Lumpur et Pékin, promet le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein. Voici comment sont organisées les recherches. 

Un périmètre étendu

Alors qu'elles se déroulaient principalement dans un rayon de près de 200 km autour du lieu où le contrôle aérien a perdu le contact avec l'appareil entre la côte orientale de la Malaisie et le sud du Vietnam, la Malaisie a décidé d'élargir la zone de recherches. Elles s'effectuent également désormais à des centaines de kilomètres de là, vers l'ouest au dessus de la mer Andamann, loin de la trajectoire qu'était censé emprunter le vol MH370. 

"Nous ne laissons rien au hasard. Nous devons explorer toutes les possibilités", a justifié le chef de l'aviation civile malaisienne, Azharuddin Abdul Rahman. 

De considérables moyens aériens et maritimes

En tout, 12 pays participent aux recherches de l'engin de la Malaysia Airlines disparu. La Malaise d'abord, qui a impliqué sa Marine et son armée de l'air. Mais pas seulement. Ses voisins, le Vietnam, les Philippines et Singapour notamment, ont également envoyé des bateaux sur zone.

De leur côté, les États-Unis ont dépêché sur place deux destroyers, l'USS Kidd et l'USS Pinckney transportant des hélicoptères Seahawk MH-60, et un avion de surveillance P-3C Orion. De plus, des agents du FBI, des spécialistes de Boeing ainsi que des techniciens de l'agence américaine de la sécurité dans les transports ont rejoint les enquêteurs malaisiens. La Chine a également redéployé 10 de ses satellites.

Une flotte mondiale de satellites mobilisée

C'est la Chine qui a activé, mardi 11 mars, le dispositif de la Charte internationale "Espace et catastrophes majeures". Lancé en 2000 par les agences spatiales européenne (ESA) et française (CNES), cet accord prévoit, en cas de situation d'urgence, que les quinze signataires de la Charte (dont l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, l'Inde, et la Russie) mettent leurs satellites à disposition des opérations de secours.

Détournés de leur mission classique (observation météo, surveillance de l'environnement, etc.), ces satellites peuvent alors fournir gratuitement et très rapidement des images de la région touchée par le sinistre. Une fois la demande d'aide validée, un des ingénieurs de permanence analyse les besoins des secours au sol et programme les satellites disponibles en trois heures seulement.

"L'imagerie satellitaire est maintenant utilisée pour rechercher les traces de l'avion, à la fois avant et après sa disparition", explique le site de la Charte (en anglais)

Un appel aux internautes

Vous aussi, aidez les autorités à retrouver l'avion. En ligne. La plateforme collaborative Tomnod (en anglais) propose aux internautes d'aider à analyser les images satellites qui arrivent en très grande quantité. Objectif : y repérer d'éventuels débris du Boeing disparu. 

"C'est un problème digne d'une épingle dans une botte de foin, sauf que la botte de foin se trouve quelque par dans l'océan", résume Luke Barrington de l’entreprise américaine Digital Globe, à laquelle appartient Tomnod, interrogé par CNN (en anglais)

Selon Les Echos, plus de 60 000 pages auraient été passées en revue avant que le site ne soit plus disponible, victime de trop nombreuses visites.