Attentats en Thaïlande : la piste des opposants politiques reste à prouver

Olivier Guillard chercheur, spécialiste de l'Asie, est sur le plateau du Soir 3 pour évoquer le contexte politique thaïlandais après les attentats de Bangkok.

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FRANCE 3

Olivier Guillard est directeur de recherche sur l'Asie à l'institut de relations internationales et stratégiques. Le chercheur, invité du Soir 3 ce mardi 18 août, est venu évoquer le contexte politique thaïlandais, après les attentats de Bangkok.

La junte militaire au pouvoir indique que la piste principale est celle des Chemises rouges. Ces opposants au pouvoir en place soutiennent l'ancien Premier ministre, destitué il y a un an. "C'est une des quelques pistes, à défaut d'être crédible. Ce que l'on peut penser c'est que les autorités, sur la base de quelques témoignages vidéos et de déductions, ont pointé du doigt ces opposants. C'est assez facile, ce sont les coupables idéaux. Cette junte militaire qui s'est accaparée le pouvoir non pas par la voie des urnes, mais par la voie militaire non-violente n'a aucune envie de restituer le pouvoir à ces opposants. Pointer du doigt la culpabilité vers ces gens-là aussi tôt est osée, voire grossière", commente le chercheur.

Analyses et pistes

La méthode utilisée par les auteurs des attentats pourrait aussi donner des pistes. "Lorsque les scientifiques thaïlandais, aidés de leurs comparses étrangers, auront compris comment a fonctionné cet engin explosif et les matériaux utilisés (...), cela pourra leur donner une quantité d'éléments pour s'aiguiller, mais nous en sommes encore loin et les autorités sont pour l'instant bien convaincues que la culpabilité est à chercher en direction des opposants, c'est une cible encore une fois, commode et facile", explique Olivier Guillard.

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Des soldats inspectent les lieux après l'explosion d'une bombe près du sanctuaire Erawan, dans le centre de Bangkok, lundi 17 août. (PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP)