"Les sites sont quasiment vierges" : des chefs d'entreprises français sont en Arménie pour vendre un projet de station de ski

Pendant le sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie, des patrons français venus d'Isère et de Savoie ont fait le déplacement avec Emmanuel Macron dans l'espoir de créer une station de ski dans le pays. 

La station de ski de Jermuk en Arménie, en 2017. 
La station de ski de Jermuk en Arménie, en 2017.  (GARNIK MANUKYAN / EYEEM / EYEEM)

Alors qu'Emmanuel Macron est en Arménie pour le sommet de la Francophonie, le chef de l'État a embarqué avec lui plusieurs chefs d'entreprises français pour signer des contrats. Plusieurs Isérois et des Savoyards font partie de la délégation tricolore et sont venus présenter un projet de station de ski. 

"Il y a de belles réalisations à faire"

Dans ce petit pays enclavé, tout est à faire. Malgré ses hauteurs, plus de 4 000 mètres d'altitude, l'Arménie n'a qu'une seule station de ski. Patrick Schibli, représentant du célèbre constructeur de remontée mécanique Poma, veut saisir l'opportunité. "En voyant les sites grandioses qu'on voit ici, il y a des belles réalisations à faire", explique-t-il "puisqu'il y a des régions qui vont à très hautes altitudes avec un enneigement garanti." 

La ville de Chamrousse a été invitée à Erevan pour présenter son projet de "station du 21e siècle". Une station connectée, écologique et durable qui devrait voir le jour d'ici trois ans en Isère. Pour Franck Legotre, directeur de l'office de tourisme de Chamrousse, l'Arménie est une petite perle qui peut rapporter. "La clientèle internationale qui viendra en Arménie, que ça soit une clientèle russe, chinoise ou indienne parce qu'on n'est pas très loin de ces pays, aura ensuite envie de venir sur nos grands domaines skiables français", dit-il.   

Plus on donne la marque française, plus la France devient une référence dans ce domaineFranck Legotreà franceinfo

En attendant d'éventuelles retombées en France, Julien Patty, président de Deep Nature, une société basée à Chamonix et qui construit des spas, a été frappé par la volonté des Arméniens de développer le tourisme. "Les sites sont quasiment vierges, les stations sont à créer, c'est une page blanche !" s'exclame-t-il. "Surtout les gens ont envie. On a rencontré le Premier ministre, mais aussi le vice-Premier ministre et tout le monde a envie d'attirer les touristes. C'est un peuple attachant et qui a envie de développer son pays."

L'Arménie cherche à attirer les investisseurs 

Pour les entrepreneurs français, c'est le moment d'investir dans le pays, après la révolution de velours, qui a renversé le pouvoir en place en mai dernier. Depuis, le pays est plein d'espoir, explique David Papazian, conseiller économique auprès du gouvernement arménien. 

"Avant la révolution de velours, je disais littéralement 'ne faites pas d'investissements en Arménie, c'est difficile, vous risquez d'être attaqué par des protégés du gouvernement en place", explique-t-il. David Papazian déconseillait même les investisseurs pour leur image : "Ça ne vaut pas le risque et vous risquez votre réputation en investissant côte à côte avec ces gens-là'". 

Le nouveau Premier ministre, Nikol Pachinian a lancé une guerre contre la corruption qui gangrène le pays. Le gouvernement a également pris des mesures pour faciliter les échanges de biens. Avant la révolution du mois de mai, il fallait des jours, voire des semaines pour dédouaner un produit d'importation. Aujourd'hui, cela ne prend que quelques heures.