Après 10 ans à la tête de l'Italie, Silvio Berlusconi a démissionné

Le Cavaliere a remis sa démission dans la soirée au président italien, quelques heures après avoir fait adopter un plan de rigueur par le Parlement. A 75 ans, Silvio Berlusconi quitte le pouvoir sous les huées des Italiens, venus l'injurier jusqu'aux portes du palais présidentiel.

(Charles Platiau Reuters)

"Mafioso !", "Honte, honte !", "Bouffon !" :
Des centaines de manifestants étaient massés devant le Quirinal à Rome, lorsque le président du Conseil est entré pour remettre sa démission au président Napolitano. Comble de l'humiliation, le Cavaliere a été contraint de quitter les lieux par une sortie dérobée alors que les manifestants applaudissaient et faisaient sonner des cornes de brume.
Sur la place du Quirinal, un orchestre improvisé, réuni grâce aux réseaux sociaux, avait pacifiquement entonné un bel Alleluia de Haendel.
Rares étaient ses partisans venus lui rendre hommage.

Quelques heures avant sa démission, le toujours-président du Conseil avait fait adopter par le Parlement le pacte de stabilité : un plan de rigueur portant notamment sur des cessions d'actifs publics, les retraites et une plus grande libéralisation d'une économie italienne au bord de l'asphyxie avec ses 1.900 milliards d'euros de dettes.

Sauf énorme surprise, le président Napolitano devrait charger l'ex-commissaire européen Mario Monti, 68 ans, de former un nouveau gouvernement. Le président italien recevra les représentants des partis politiques dès ce dimanche.

Bling-bling et parties fines

Porté en triomphe lors de son entrée en politique il y a 17 ans lors de la création de son parti "Forza Italia" (Allez l'Italie), le magna des médias était considérablement affaibli depuis des mois par trois procès -pour corruption, fraude fiscale et prostitution de mineure-, l'étiolement de sa majorité au Parlement et les scandales sexuels, ses fameuses soirées "Bunga-Bunga" avec des mineures.

Mais c'est bien la crise de la zone euro qui aura finalement eu la peau de Berlusconi. Après la Grèce et le Portugal, l'Italie est clairement dans le viseur des marchés financiers, avec sa dette à hauteur de 120% de son PIB.
L'Union européenne et le FMI ont placé Rome sous surveillance, enjoignant le pays à présenter rapidement des mesures destinées à résorber sa dette. Les "qualités" de Mario Monti ont déjà été vantées par la patronne du FMI, Christine Lagarde.