Violences au Chili : "43 personnes au moins ont perdu la vue" alertent des médecins

Les autorités chiliennes ont ouvert une enquête sur le recours excessif à la force de la police et de l'armée. L'ONU de son côté, envoie une mission d'enquête.

De nouvelles violences ont éclaté entre manifestants et forces de l\'ordre, jeudi 24 octobre à Santiago au Chili.
De nouvelles violences ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, jeudi 24 octobre à Santiago au Chili. (PEDRO UGARTE / AFP)

Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté jeudi contre les inégalités sociales au Chili. Près d'une semaine après le début de la fronde sociale dénonçant le coût de la vie, quelque 20 000 militaires et policiers restent déployés dans le pays. Plusieurs régions du pays, dont la capitale Santiago restent également placées sous état d'urgence.

Selon l'Institut chilien des droits de l'homme, organisme public indépendant, près de 3 000 personnes ont été arrêtées en une semaine, des centaines de manifestants blessés, et cinq personnes tuées par les forces de l'ordre. Des blessures graves s'alarme le principal syndicat chilien de médecins dont fait partie Enrique Morales. "Les chiffres que nous avons compilé sont terribles, sans appel. 43 personnes au moins ont été blessées aux yeux, avec perte de vision, et des séquelles à vie", détaille le professionnel.

Une répression violente dénoncée jusque sur les réseaux sociaux où circulent des images et vidéos de blessés. Elles ont poussé les autorités chiliennes à ouvrir une enquête, a annoncé ce jeudi le ministre de la Défense. 

Pourquoi des militaires dans les rues ?

La députée communiste Carmen Hertz, ancienne avocate de victimes de la dictature au Chili, reproche, elle, au gouvernement d'avoir confié aux militaires le maintien de l'ordre, en mettant en place l'état d'urgence dans le pays. "Pourquoi les militaires sont-ils en charge de la sécurité des citoyens alors qu'ils ne sont pas du tout formés à cela ?" interroge-t-elle.

Une délégation du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme des Nations unies devrait se pencher sur la question également et enquêter sur de présumées violations des droits humains. C'est la haut-commissaire, Michelle Bachelet, qui a été à deux reprises présidente du Chili, qui a annoncé l'envoi d'enquêteurs.