VIDEO. Haïti : des sénateurs saccagent la salle de séance pour protester contre la politique du gouvernement

Ce geste symbolique, qui paralyse l'installation du nouveau gouvernement, sert à empêcher pour une troisième fois la ratification de la politique générale du Premier ministre.

Le mobilier du Sénat a été entassé dans la cour du Parlement haïtien, le 30 mai 2019, à Port-au-Prince. 
Le mobilier du Sénat a été entassé dans la cour du Parlement haïtien, le 30 mai 2019, à Port-au-Prince.  (CHANDAN KHANNA / AFP)

Quatre sénateurs haïtiens d'opposition ont saccagé, jeudi 30 mai, leur salle de séance à Port-au-Prince. Ce geste symbolique, qui paralyse l'installation du nouveau gouvernement, sert à empêcher pour une troisième fois la ratification de la politique générale du Premier ministre.

Destinées à chaque élu, les larges chaises en velours rouge ont été rassemblées en vrac sur la cour du Parlement, tout comme le matériel de sonorisation prenant la pluie. Les rares membres du personnel parlementaire présents ont multiplié les photos des dégâts, enchaînant notamment les selfies devant les lourds bureaux jetés au sol de la salle de séance.

"C'est une chaise brisée qui leur fait mal ?"

Tranquillement assis à l'extérieur à quelques mètres de l'amas de meubles, les sénateurs de l'opposition ont pleinement assumé leur acte. "Combien de personnes sont tuées dans les rues et c'est une chaise brisée qui leur fait mal ? Combien de policiers tombent ?", a questionné le sénateur Antonio Chéramy, évoquant l'insécurité grandissante à travers le pays.

Les élus détracteurs du président Jovenel Moïse s'opposent aussi à la reconduction de huit ministres de l'ancien gouvernement sans qu'ils n'aient obtenu d'attestation de bonne gestion des fonds publics. Le sénateur Ricard Pierre, qui revendique l'acte, considère que "le problème de la crise ne va pas se résoudre en violant la constitution, en mettant en place des ministres hors-la-loi". Par deux fois déjà en mai, ces élus avaient empêché la présentation de la politique générale du Premier ministre en déambulant dans la salle de séance, mégaphones en main.