Venezuela. Qui est Henrique Capriles, l'adversaire du dauphin de Chavez ?

Le gouverneur de 40 ans a annoncé sa candidature à la présidentielle du 14 avril, où il affrontera le président par intérim, Nicolas Maduro.

Henrique Capriles lors de l\'annonce de sa candidature à l\'élection présidentielle du 14 avril, le 10 mars 2013 à Caracas (Venezuela).
Henrique Capriles lors de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle du 14 avril, le 10 mars 2013 à Caracas (Venezuela). (LEO RAMIREZ / AFP)

La campagne s’annonce brève mais intense. Le gouverneur Henrique Capriles a annoncé, dimanche 10 mars, qu'il serait candidat à l'élection présidentielle du 14 avril au Venezuela, après la mort d'Hugo Chavez. Il affrontera notamment le président par intérim et dauphin désigné de l'ancien dirigeant, Nicolas Maduro"Je vais lutter", s'est exclamé Henrique Capriles. Francetv info passe en revue le parcours de cet opposant de 40 ans.

Un bourgeois qui a la foi

Cet avocat de 40 ans né dans une famille de riches entrepreneurs "est avant tout le représentant des classes moyennes", note le JDD. Petit-fils de juifs polonais survivants de l'Holocauste, Henrique Capriles a été formé à l'université catholique. En 2004, il a passé quatre mois en détention, accusé par les autorités de n'avoir pas réagi lors d'une tentative de coup d'Etat contre Hugo Chavez. "Quand tu passes par la prison, il y a deux chemins : ou tu t'éloignes de tout ce qui fait ta foi, la partie chrétienne, ou tu t'en rapproches. Je m'en suis rapproché."

Très courtisé par la gent féminine, il se dit toutefois toujours "à la recherche de (sa) première dame".

Un parcours politique sans faute

Elu député de Caracas à 26 ans, il est devenu le plus jeune président de l’Assemblée nationale en 1998. Son ascension n'a ensuite connu aucun accroc. En 2000, il se fait élire à la tête d'un des districts aisés de la capitale Caracas, soutenu par le jeune parti social-chrétien Primero Justicia, dont il fait toujours partie. En 2008, il devient gouverneur de l'Etat de Miranda (nord), le deuxième le plus peuplé du pays. Il est réélu à ce poste en décembre 2012, avec comme domaines de prédilection l'éducation, le logement et l'accès à la santé.

Le candidat malheureux à la dernière présidentielle 

Henrique Capriles est devenu incontournable sur la scène politique du Venezuela depuis la campagne présidentielle d'octobre 2012. Multipliant les rassemblements publics, il a réussi à démontrer sa capacité à mobiliser d'immenses foules, à l'instar de son adversaire d'alors, Hugo Chavez. Il a surpris en réalisant le meilleur score jamais enregistré par un opposant face au "Comandante", rassemblant 44% des voix, contre 55% au candidat sortant. Mais Hugo Chavez l'a emporté grâce l'appui sans faille des classes populaires. 

Un social-démocrate partisan de "l'union"

A l'origine étiqueté à droite, Henrique Capriles se revendique aujourd'hui social-démocrate, proche du modèle impulsé par Luiz Inacio Lula da Silva au Brésil. Partisan de l'initiative privée, il assure dans le même temps que la priorité de l'Etat doit être la politique sociale. Au cours de sa campagne en 2012, il a revendiqué "l'union" au-delà des partis politiques. Il se déclare à ce titre admirateur de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela. 

Un partisan de nouvelles alliances internationales

Le gouverneur Capriles s'est démarqué nettement de son adversaire de 2012 en matière de politique internationale, annonçant qu'il réorienterait les relations avec les alliés actuels du pays : "Qu'avons-nous de commun avec l'Iran, mis à part la production de pétrole ? Ou avec la Biélorussie?", s'est-il demandé. "Nous avons honoré à deux reprises Kadhafi. Est-ce que ce sont les relations dont veulent les Vénézuéliens ? Non !" Il a également annoncé vouloir mettre un bémol aux relations avec Cuba, le soutien indéfectible, et avec la Russie, à qui le Venezuela achète chaque année pour plusieurs milliards de dollars d'armes.

Un opposant qui ne ménage pas son adversaire

Avant même l'annonce de sa candidature, Henrique Capriles a donné le ton. Alors que Nicolas Maduro l'a qualifié de "prince décadent de la bourgeoisie parasitaire", il n'a pas tardé à répondre que ce dernier était "un rond de cuir professionnel, un paresseux, un fainéant". Dimanche lors de l’annonce de sa candidature, il a de nouveau accusé le pouvoir d'avoir menti au peuple vénézuélien sur l'état de santé de d'Hugo Chavez. 

Cependant, la bataille s'annonce rude pour le gouverneur : il y a trois semaines, l'institut de sondage vénézuélien Hinterlaces indiquait que Nicolas Maduro battrait Henrique Capriles de 14 points.