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Suicide d'un homosexuel filmé à son insu : un mois de prison pour son ex-colocataire

Un étudiant a été condamné aux Etats-Unis pour avoir filmé son compagnon de chambre en train d'embrasser un autre garçon. Le jeune homosexuel s'était donné la mort trois jours plus tard. 

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France Télévisions
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Dharun Ravi, condamné à 30 jours de prison pour avoir espionné son ancien colocataire, le 16 mai 2012 au tribunal de New Brunswick (New Jersey). (LUCAS JACKSON  / REUTERS)

Un étudiant qui avait filmé à son insu son compagnon de chambre homosexuel, qui s'était ensuite suicidé, a été condamné lundi 21 mai à trente jours de prison par un juge de New Brunswick (New Jersey), près de New York. Dharun Ravi, 20 ans, avait brièvement filmé à distance avec sa webcam un baiser entre Tyler Clementi, 18 ans, et un ami en septembre 2010. Ayant appris qu'il avait été espionné, le jeune homme s'était suicidé trois jours plus tard. Dharun Ravi, né en Inde, risquait jusqu'à dix ans de prison et une expulsion des Etats-Unis.

Dharun Ravi n'était pas jugé pour une éventuelle incitation au suicide, mais avait été reconnu coupable en mars d'intimidation ciblée (en raison de l'orientation sexuelle de la victime) et d'atteinte à la vie privée. "Je ne vous ai pas entendu vous excuser une seule fois", a déclaré le juge à Dharun Ravi, avant d'annoncer sa condamnation. Il a dénoncé son "insensibilité colossale", mais a ajouté qu'il ne recommandait pas l'expulsion. Le magistrat lui a toutefois asséné : "Vous ne pourrez jamais effacer la peine que vous avez causée."

"Ce n'est pas une blague d'enfant"

Après avoir brièvement filmé Tyler Clementi le 19 septembre, Dharun Ravi avait à nouveau essayé deux jours plus tard, invitant des amis à se joindre à lui pour regarder ce qui se passait entre Clementi et son ami. Mais Clementi, alerté par un tweet de son colocataire sur ce qui se tramait, avait débranché la caméra.

L'affaire avait à l'époque fait grand bruit, suscitant la colère de la communauté homosexuelle et provoquant un débat sur le harcèlement électronique. Ces derniers jours, plusieurs représentants de la communauté homosexuelle avaient demandé une peine moins lourde que le maximum prévu par la loi, soulignant que Dharun Ravi n'était pas jugé pour la mort du jeune homosexuel, mais pour l'avoir espionné.

Une peine de dix ans aurait été une "vengeance, dépassant la punition", a estimé après le verdict Steven Goldstein, président de l'organisation de défense des homosexuels du New Jersey "Garden State Equality". "Mais ce n'était pas non plus une blague d'enfant qui aurait mal tourné", a-t-il ajouté, soulignant "l'homophobie" de Dharun Ravi.

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